Selon l’instruction de Bernard de Montréal, l’amour tel qu’il est vécu par l’humanité appartient pleinement au régime de l’involution. Il constitue l’une des illusions les plus profondes de la conscience humaine, précisément parce qu’il est confondu avec des mécanismes psychologiques, affectifs et moraux qui n’ont rien à voir avec le Principe réel de l’amour.
Pour en saisir la nature véritable, il est donc nécessaire de commencer par définir clairement ce qu’il n’est pas.
L’amour réel n’est ni un sentiment ni une émotion. Il ne relève d’aucune dynamique affective et ne s’inscrit pas dans la sphère de la personnalité. Il est un principe universel, une loi de gestion de l’énergie de l’âme, qui traverse l’ego sans jamais s’y réfléchir.
L’amour humain, fondé sur la sentimentalité, sert à sécuriser la personnalité en reliant l’émotion à des constructions mentales compensatoires. À ce titre, il n’est qu’un résidu, un sous-produit de l’amour réel, de la même manière que le mental réflexif est un résidu de l’intelligence.
L’amour réel n’est pas non plus ce que l’humanité appelle communément « être en amour ». Cet état correspond, à une forme de possession affective, enracinée dans l’insécurité de l’ego et la peur fondamentale de la solitude.
« Tomber en amour » revient à se laisser aspirer dans une dynamique astrale faite de dépendance, d’attachement et d’oscillations émotionnelles. L’homme conscient ne tombe pas en amour : il vit une harmonie mentale, une rencontre de principes, une fusion lucide excluant la passion astralisée. Là où est “en-amour” engendre souffrance et instabilité, l’amour réel ne génère aucune douleur.
Contrairement aux croyances humaines, l’amour réel n’est pas une force de rapprochement au sens cosmique. L’amour humain cherche à unir, à lier, à fusionner les egos dans une dépendance mutuelle. L’amour cosmique, lui, sépare les egos afin de rendre les individus autonomes, souverains et responsables de leur propre intelligence. Il ne crée aucun lien de dépendance et ne vise aucune possession. Il installe un état d’esprit où chacun se suffit à lui-même, sans jamais tenter de s’approprier l’autre.
L’amour n’est pas davantage une posture morale, un acte de bonne volonté ou une forme de charité idéalisée. Ces manifestations relèvent le plus souvent de la culpabilité, de l’impuissance ou de mécanismes de manipulation déguisés. La charité et la morale affective servent à enjoliver l’ego, à lui donner l’illusion de sa bonté, tout en maintenant l’homme dans l’ignorance de ses forces réelles. Dans la conscience évolutive, on ne “donne” pas par amour : on transfère de l’énergie avec intelligence, sans affect, sans attente et sans justification morale.
L’amour réel ne se confond pas non plus avec la sexualité. Durant l’involution, ces deux énergies ont été amalgamées afin de produire une cohésion sociale artificielle. La sexualité astralisée est devenue une mesure illusoire de la valeur relationnelle et un moyen de chantage affectif. L’homme conscient dissocie clairement l’amour, qui relève de la connexion des esprits, de la sexualité, qui demeure une canalisation d’énergie biologique. Aucun des deux ne sert alors de compensation ou de pouvoir sur l’autre.
Enfin, l’amour réel ne se définit pas par l’absence de haine. Dans la psychologie évolutionnaire, la haine des forces correspond à l’intelligence même de l’amour. Elle est la capacité lucide de reconnaître et de refuser les influences invisibles qui manipulent le mental et fabriquent de faux sentiments. Sans cette haine créative — qui n’est ni violence ni ressentiment — l’homme demeure soumis aux jeux de l’âme et incapable d’aimer réellement, car il n’est pas libre intérieurement.
| Ainsi, l’amour réel n’est pas une expérience gratifiante pour l’ego, ni une source d’exaltation émotionnelle. Il est une vibration froide, mentale et précise, dont la seule fonction est d’alléger la vie de l’autre par le respect intégral de sa personne, sans attachement, sans projection et sans illusion |
Approfondir :
- Amour réel — principe de cohésion et d’équilibre de la conscience
- Le couple — la fin de l’amour astral
- Jalousie et ego : comprendre, distinguer et se libérer des mécanismes de possession
- La femme réelle : vers l’identité psychique individuelle
Synthèse EDS — Edwige
Texte original publié sur
Bernard de Montréal — Énergie du Savoir


















































0 commentaires