La créativité, dans l’instruction supramentale, ne se réduit pas à une faculté artistique ni à une production originale issue de l’imagination personnelle, mais désigne la capacité de la conscience à traduire dans la forme une impulsion provenant de l’esprit lorsque l’ego et l’astral n’en déforment pas la transmission. Elle correspond à un mode d’expression réel où l’action humaine devient vecteur d’une intelligence organisatrice plutôt que simple projection subjective.
Sur le plan opératif, la créativité supramentale se manifeste par une justesse spontanée dans l’acte, une économie de moyens et une efficacité qui ne proviennent pas de l’effort émotionnel ou de la recherche de reconnaissance. Elle ne dépend pas d’un état exalté mais d’une neutralité intérieure permettant à la parole de l’esprit de traverser la conscience sans être interceptée par les mémoires de l’âme ou les stratégies de l’ego.
Lorsque le terme est mal compris, la créativité est confondue avec l’inspiration émotionnelle, la fantaisie personnelle ou une expression thérapeutique, ce qui la ramène dans le registre astral. Dans l’instruction supramentale issue de Bernard de Montréal, elle est reconnue comme une fonction précise de mise en forme de l’intelligence cosmique dans la matière, accessible seulement lorsque la conscience s’est suffisamment dégagée des circuits involutifs.
Ainsi définie, la créativité n’est pas un talent à cultiver pour se valoriser, mais un indicateur du degré réel d’alignement de la conscience humaine avec l’esprit et de sa capacité à servir de relais lucide entre les plans invisibles et la vie concrète.

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