DANIEL KEMP Les 12 lois de la pédagogie moderne.
LOI 12 : IL FAUT RESTER MOTIVÉ ET MOTIVER SON ENFANT
Quelques questions.
Croyez-vous être incapables de vous faire comprendre par votre enfant?
Pensez-vous qu’il est irrécupérable?
Pensez-vous ne jamais être capables de comprendre votre adolescent(e)?
Avez-vous de la difficulté à appliquer une discipline efficace et pourtant douce?
Vous laissez-vous manipuler sans cesse par votre jeune?
Croyez-vous être trop faibles émotivement devant votre enfant?
La liste de ces questions, que presque tous les pédagogues, parents et professionnels, se sont posées, ou se poseront un jour, est tellement longue qu’elle remplirait à elle seule un livre de plusieurs centaines de pages.
Ces questions ne servent pourtant à rien et engendrent de fausses croyances en soi. L’une des phrases que j’entends le plus souvent lorsque je rencontre des parents pour la première fois est: « Je ne sais plus quoi faire! » Cela démontre la détresse dans laquelle vivent trop de parents… inutilement.
Quand un pédagogue dit qu’il ne sait plus que faire de son enfant, il est rendu loin dans sa démarche de démotivation.
Quand un professionnel de l’éducation craint le lundi matin parce qu’il doit retourner en classe enseigner, il est lui aussi rendu loin dans sa démarche de démotivation.
Différentes formes d’expression.
Plus le pédagogue est démotivé et démoralisé, plus il démotive et insécurise le ou les jeunes autour de lui. Les formes d’expression de ces états sont diverses et parfois surprenantes.
Un adulte démotivé peut:
Abandonner toute forme d’autorité
Acquiescer à toutes les demandes de son jeune.
Ne plus s’en faire avec les problèmes scolaires de son enfant.
Ne plus s’inquiéter des retards ou changements de comportement du jeune.
Ne plus vouloir dialoguer des problèmes inhérents à l’éducation. Il peut refuser de l’aide et peut refuser de s’instruire sur les façons de s’en sortir.
Laisser son enfant être impoli envers lui ou d’autres adultes.
Mais il peut aussi:
Devenir agressif envers son jeune
Il peut perdre toute patience et être irrité par tous les comportements de son enfant. Il peut devenir très exigeant, trop exigeant.
Il peut devenir tyrannique, borné, violent…
ll peut se renfermer sur lui-même ou, au contraire, s’exprimer sans arrêt.
Il peut tout permettre et s’effacer devant son jeune, ou, au contraire, tout lui interdire et être constamment sur son dos.
Comme nous le voyons, la démotivation peut s’exprimer de différentes façons souvent très contradictoires. Le fait de se démotiver amène souvent la démission de l’adulte devant son travail de pédagogue.
Ne plus faire de la pédagogie ne veut pas nécessairement dire que le parent ou le professionnel ne s’occupe plus du jeune. Il peut le laisser totalement libre, mais il peut aussi l’entourer et l’étouffer.
Qu’est-ce qu’être motivé?
Être motivé en pédagogie, c’est avoir le goût d’aider, de diriger, de guider et de comprendre un enfant. La motivation en pédagogie, permet d’aimer le jeune, de partager avec lui, de cheminer avec lui et de le laisser libre d’être ce qu’il est. La motivation permet aussi de conserver l’espoir que tous les problèmes, quels qu’ils soient, peuvent se régler.
La motivation nous donne la patience, le temps et l’énergie pour travailler avec son enfant. Elle nous relaxe et nous permet des vacances.
Mais la motivation n’est pas toujours sous notre contrôle. Elle va et vient dans plusieurs cas. Quand elle part, le plaisir d’être avec des jeunes s’en va avec elle.
Comment se motiver?
La meilleure façon de se motiver, ou de le rester, est D’APPLIQUER LES ONZE PREMIÈRES LOIS que nous avons vues.
En effet, il faut bien comprendre:
- qu’il existe au moins deux logiques dans la vie: la logique mathématique et la logique humaine, que nous devons nous respecter avant tout et que nous devons respecter le jeune et lui permettre de se respecter lui aussi,
- qu’il ne faut plus punir avec ce que nous voulons qu’il aime,
- qu’il faut partir de son point de vue, et non du nôtre,
- qu’il faut rester soi-même, et ne jamais essayer d’être à la hauteur des visions des autres en particulier, ou de la société en général,
- qu’il faut à tout prix relaxer face à la vie, vivre sérieusement sans jamais se prendre au sérieux,
- qu’il faut être opinionisé,
- qu’il faut accepter les différences et accepter le plafonnement de notre enfant, tout en sachant que le plafonnement est très souvent passager,
- qu’il faut tout faire pour éviter le harcèlement inconscient, harcèlement qui peut facilement se faire dans les deux sens, de notre part vers notre jeune et inversement,
- qu’il faut avoir confiance en l’intelligence des jeunes et aussi dans notre intelligence et dans notre capacité d’improvisation et d’innovation,
- qu’il faut empêcher l’apparition des droits acquis, autant chez le jeune que chez soi.
Nous resterons motivés si nous appliquons les onze premières lois de la pédagogie, mais aussi si nous apprenons à vivre en sachant qu’après la pluie, vient TOUJOURS le beau temps.
Ce n’est pas uniquement une question de positivisme. L’histoire de l’humanité est là pour le prouver:
IL N’Y A PAS UN PROBLEME QUE L’HUMAIN N’AIT PAS RÉSOLU. PAS UN.
Tout tend vers l’amélioration. Même si un problème survient souvent quand nous venons d’en régler un autre, les choses ont tendance à s’améliorer. De l’homme des cavernes à l’homme des tavernes, il y a toute une évolution. Il y a encore du malheur, des problèmes, mais l’humanité en général est mieux qu’avant.
Un pédagogue ne doit jamais abandonner. C’est lui qu’il grandit en aidant un jeune. C’est pour lui qu’il travaille et il en tirera toujours beaucoup de profits, de toute nature. Souvent, on enseigne le mieux ce qu’on a le plus besoin d’apprendre.
S’il faut se motiver, il faut aussi motiver son ou ses jeunes. L’un des gros problèmes de la jeunesse est justement la démotivation en face d’elle-même et, par ricochet, en face de la vie.
Chaque jeune doit avoir, non pas SA chance, mais SES chances de se reprendre. Il n’est jamais TROP TARD. Devant des adultes qui se respectent eux-mêmes, n’importe quel jeune aura le goût de s’améliorer et de grandir.
Il faut leur donner confiance en eux ,mêmes et en la vie. Ils ne peuvent pas être bons dans tout. Ils doivent le savoir et apprendre le plus vite possible à vivre avec cela.
Il y a une foule de façons de motiver un jeune, mais la première est d’être motivé soi-même en face de la vie et de leur vie.
Il faut que le pédagogue croque dans la vie comme dans une pomme.
Nous devons tous continuer d’apprendre. Il y a tant de merveilles dans le monde et dans l’univers.
Nous approchons du XXIe siècle et nous allons passer le cap de l’an 2000…
Quelle merveille! Soyez heureux, et que vos enfants le soient aussi!


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