Le terme égoïste, dans l’instruction supramentale, ne désigne pas simplement un trait de caractère socialement réprouvé, mais qualifie une orientation de la conscience dominée par l’égoïcité, où les décisions, les relations et les perceptions sont filtrées par la préservation de l’image personnelle et la satisfaction des intérêts de l’ego. Il s’agit d’un état fonctionnel révélant une gouvernance intérieure encore largement astralisée.
Sur le plan opératif, l’égoïsme se manifeste par une centration constante sur ses besoins, une difficulté à percevoir autrui hors de l’utilité qu’il représente, et une tendance à instrumentaliser les situations pour renforcer sa sécurité psychique. Cette dynamique n’est pas toujours consciente : elle s’exprime souvent sous des formes subtiles de justification morale, de victimisation ou de supériorité implicite. Plus l’égoïsme est actif, plus la conscience demeure verrouillée dans les circuits du monde de la mort.
Lorsque le terme est mal compris, l’égoïste est réduit à une simple faute morale ou à un défaut social, ce qui masque sa portée structurelle réelle. Dans l’instruction supramentale issue de Bernard de Montréal, il est reconnu comme un indicateur précis de la domination de l’ego sur la direction intérieure et de l’absence de centricité réelle.
Ainsi défini, l’égoïste n’est pas une étiquette à projeter sur autrui, mais un qualificatif opératif permettant d’identifier ce qui, dans la vie intérieure, demeure gouverné par les stratégies de survie de l’ego plutôt que par une relation directe, sobre et souveraine avec la parole de l’esprit.

0 commentaires