Maintenant vous me direz, mais oui, mais les enfants de nos enfants vont à l’école, ils doivent aller à l’école, ils doivent apprendre, ainsi de suite… nous savons ce que nos enfants ont de besoin, nous savons que nos enfants doivent aller à l’école, mais nous avons perdu de vue l’emploi essentiellement créatif de l’éducation, autrement dit nous avons perdu de vue ce que la civilisation de l’involution nous a donné qui soit nécessaire, et nous nous sommes petit à petit engagé dans une voie où l’éducation devient de moins en moins définitive, de plus en plus colorée par les différents courants idéologiques, de sorte qu’aujourd’hui les enfants à 17, 18 ans, à l’âge où ils sont prêts à entrer au CÉGEP, ils se voient forcés de se présenter devant une panoplie de possibilités existenço-sociales, une panoplie de possibilités vis-à-vis le travail, vis- à-vis l’exercice de leurs fonctions intégralement intelligentes, et ces enfants sont absolument éberlués parce que justement ils ne peuvent plus avec facilité entrer dans une voie, une voie de vie, une voie d’expression, qui puisse carrément être le produit ou la résultante de la connexion entre leur intelligence et leurs besoins internes. Les enfants aujourd’hui sont mis face à face avec les destinées d’une civilisation décadente, donc ils sont mis face à face avec les besoins d’une civilisation mécanisée et eux étant des êtres sensibles, étant des êtres qui n’ont pas encore perdu la totale conscience de leur sensibilité, se voient déchirés entre les besoins mécanico- sociaux de notre civilisation.
Donc dans le domaine, si nous parlons d’éducation, nous devons parler d’éducation d’une façon créative et nous sommes obligés de regarder l’homme, l’individu, regardez ses besoins et nous sommes obligés d’aider nos enfants, d’aider les enfants de demain à regarder leur vie en fonction de ce qu’ils voudront vivre demain et non pas en fonction simplement de ce que la société nous offre aujourd’hui d’une façon mécanique, d’une façon apparemment facile, mais avec le prix de l’esclavage psychologique jusqu’à la fin de notre vie sociale.
FP-Alors Bernard, comment approcher l’éducation sans avoir à la subir en fonction d’un conditionnement social mercantile qui devient de plus en plus puissant, de plus en plus congestionné, de plus en plus complexifié ?
BdM – Il est évident qu’il y a plusieurs façons d’approcher l’éducation parce que si nous parlons de l’éducation vis-à-vis nos enfants, nos enfants peuvent avoir 5 ans, ils peuvent avoir 4 ans, ils peuvent avoir 10 ans, ils peuvent avoir 12, 13, 14, 15, 16 ans ; il est évident que rendu à 16 ans, 17 ans, ce n’est plus aux parents d’éduquer ou de mener l’enquête de l’éducation pour leurs enfants, il est trop tard. Donc à partir de ce moment-là, il y a un espace intégralement personnel pour que ces individus, ces jeunes, puissent en arriver un jour a redéfinir ce qu’ils veulent faire dans la vie. Mais prenons l’éducation des enfants ; il y a des choses dans notre société qui sont essentielles, il y a des choses dont nous avons besoin afin de parcourir le chemin social ; il y a des mathématiques, il y a la langue, le langage, ce sont les deux choses importantes dans l’éducation. Les mathématiques pour payer notre billet au restaurant, et le langage pour nous adresser à la voisine. Tout le reste fait partie, à un degré ou à un autre, d’un superflu plus ou moins nécessaire. Je ne dis pas que le reste n’est pas nécessaire ; je dis qu’il y a deux éléments dans l’éducation qui sont essentiels, c’est la langue et les mathématiques ; parce que ces deux aspects de l’éducation font parties intégrales de deux aspects psychiques de l’homme, l’un conversant avec la parole et l’autre conversant avec la dictature des formes, c’est-à-dire la quantification de la forme, c’est-à-dire la moyennisation des relations unitaires de la forme, c’est-à-dire les mathématiques. Mais au-delà de ceci il existe l’histoire, la religion, la morale, toutes ces choses qui ne peuvent pas être imposées à l’enfant, mais qui peuvent être amenées à l’enfant si les matières sont bien présentées, si il a le tempérament pour ces choses, ainsi de suite…
J’ai déjà dit, par exemple, dans un séminaire que j’ai fait sur l’éducation, parce qu’on m’a demandé d’en faire un, je ne voulais pas faire de séminaire sur l’éducation parce que pour moi l’éducation, c’est extrêmement vaste, mais j’ai déjà dit une chose : les parents ne peuvent pas se permettre d’envoyer seulement ou simplement leurs enfants à l’école ; vous ne pouvez pas prendre la chance d’envoyer vos enfants simplement à l’école pour que ces enfants pendant des années, et des années, et des années, découvrent certaines choses appartenant simplement au mental. Il y a une forme d’éducation mentale, je suis d’accord, mais l’homme doit évoluer sur le plan de l’éducation en fonction de deux traques, en fonction de deux voies, une qui est pratique et une qui mentale. Peut-être que vous avez un enfant qui aime les mathématiques, qui aime les choses abstraites ; vous le découvrirez au cours de sa vie collégiale. Vient un temps dans sa vie, 17, 18 ans, il est prêt pour aller plus loin, pour se spécialiser, il va facilement à l’université. Ce ne sont pas ces enfants-là qui ont le problème, ceux qui ont le problème ce sont les enfants qui n’ont pas cette faculté, cette sensibilité à l’abstraction, qui n’ont pas cette faculté de travailler d’une façon abstraite avec des concepts qui ne font pas partie du pratique, mais qui feront demain partie du pratique lorsqu’ils auront finalement traité d’une façon concrète avec ces abstractions.
Mais il y a beaucoup d’enfants dans la vie et c’est la majorité qui ont un sens du pratique ; peut-être que vous avez des enfants qui aiment la mécanique, peut-être que vous avez des filles qui aiment le linge, qui aiment traiter avec le dessin, qui aiment traiter avec certaines façons d’expression qui relèvent d’une netteté caractérielle qui fait partie de leur diapason. Et si vous empêcher ce petit enfant qui aime la mécanique, qui est fou de la mécanique, de s’instruire de la mécanique, enfant qui n’est pas nécessairement dans la conception mentale de son moi, et que vous le forcer à aller à l’école pour apprendre de la morale, pour apprendre de l’histoire, pour apprendre Joséphine, pour apprendre Louis XIV, pour apprendre je ne sais pas quoi ; ce petit enfant rendu à 13, 14 ans vivra une rébellion ; il vivra un écœurement avant ce temps- là, et cet écœurement sera nécessaire parce qu’il représentera la correction que vous devez, vous en tant que parent, faire à cette énergie en lui qui fait partie de sa mémoire, qui fait partie de son âme, qui fait partie de son esprit, énergie qui ne peut pas être rebutée, énergie qui ne peut pas être éteinte, énergie qui fait essentiellement partie de lui. Les parents viennent sur notre planète, sur le plan matériel, les enfants choisissent les parents, ils viennent dans une famille ; il y a tout dans une famille pour un enfant, pourquoi…
Mais un enfant croît toujours en relation avec l’intelligence des parents. Mais si nos parents n’ont pas l’intelligence, si nos parents n’ont pas la certitude, si nos parents sont trop affectés par l’idéologie, il est évident que nos enfants seront affectés par l’idéologie et souffriront de l’éducation. Mais si les parents ont suffisamment de concentration mentale, d’intelligence, d’intuition, s’ils sont capables en eux de voir à travers la panoplie mécanique de l’éducation, et de voir que le petit a un intérêt aux pour faire telle chose ; à ce moment-là ils peuvent lui donner les outils et l’enfant pendant qu’il accumule les valeurs abstraites de l’éducation, pendant qu’il colore avec d’autres choses comme l’histoire ou la religion, ces mêmes valeurs éducatives, en même temps il apprend lentement un métier. Pour que rendu à 16, 17 ans, 15 ans, 14 ans, l’enfant décidant un jour qu’il n’a pas les bosses des mathématiques ou qu’il n’a pas la bosse de la langue, puisse finalement commencer à aller dans une direction, qui déjà depuis des années il a contemplée, avec laquelle il a travaillé parce que les parents ont été suffisamment intelligents pour lui faire sentir ce qu’il aimait faire. Je ne peux pas pour toutes sortes de raisons techniques je ne peux pas dire : allez voir votre conseiller, demandez-lui quelles sont les tendances naturelles de vos enfants ; vous devriez… les parents devraient facilement voir quels sont les talents naturels des enfants ; les enfants parlent, les enfants s’expriment, les enfants ont besoin ; donc les enfants demandent, donc il y a tout dans la vie de l’éducation des parents en relation avec les enfants pour que les parents puissent voir que, ah ! la petite elle aime ça ou ah ! le petit, il aime ça. Et là les parents peuvent commencer à créer cette nouvelle traque, une traque qu’ils développent à la maison, qu’ils développent à l’extérieur de l’éducation purement primaire ou secondaire.
Le problème de l’éducation aujourd’hui, c’est que les enfants vont à l’école et ils n’ont pas tous la même faculté intellectuelle. Il y a des enfants qui vont aller à l’université, ils vont aller chercher des maîtrises, des doctorats, ça va de soi ; les parents n’auront jamais à les pousser, ils se poussent par eux- mêmes parce que ça fait partie de leur esprit. Mais il y a d’autres enfants qui n’ont pas ces facultés ; ils ont d’autres facultés, et pour toutes sortes de raisons très souvent les parents, qui eux n’ont pas bénéficiéd’une autre éducation ou d’une éducation formelle, veulent que leurs enfants bénéficient d’une éducation formelle, c’est une erreur, c’est une erreur. Moi, j’ai une fille ; moi, j’ai bénéficié d’une éducation formelle ; je suis sortie de l’éducation formelle, mais elle m’a servi cette éducation sur le plan du langage ; mais ma fille, moi, même si elle est intelligente cette petite, elle n’a pas la bosse des mathématiques, elle n’a pas la bosse de la physique, elle n’a pas la bosse de la chimie, ce n’est pas son monde. Donc c’est à moi en tant que parent et c’est à ma femme en tant que parent de voir où elle est sa bosse. Donc pendant des années nous avons regardé et à cause de notre sensibilité ce fut plus facile, j’admets, de voir dans quelle direction, qu’est-ce qu’elle aime.
Un enfant à trois ans qui se parle devant le miroir, qui se fait les cheveux, qui aime traiter avec les bijoux, qui aime traiter avec les dentelles, qui aime traiter avec ci, qui aime traiter avec ça, et qui maintient ce rythme pendant des années, il y a quelque chose, il y a une sensibilité ; nous devons lui demander si elle aimerait faire ceci pendant qu’elle va à l’école ; donc nous devons lui suggérer des plans d’exécution de son éducation, éducation qui convient à sa personnalité ; donc nous lui offrons : est-ce que tu aimerais prendre des cours de joaillerie à 12 ans ; donc nous l’amenons vers une personne qui puisse lui donner ses cours ; elle commence à travailler, elle est folle de ceci, elle aime, elle aime, parce que c’est sa vibration, c’est sa sensibilité, et pendant qu’elle va sur cette traque, autrement dit qu’elle commence à 12 ans son métier, elle continue à parfaire son éducation mentale ; elle fait les langues, elle fait les mathématiques. Et si pour parfaire sa personnalité, parfaire son mental, parfaire sa communication, sa communion avec le monde, elle doit apprendre l’histoire, voyager, faire ci ou ceci… Nous lui présentons, mais elle ne peut pas vivre cette enfant qui est sensible dans un cadre d’expression, d’éducation, qui est totalement basé sur l’indomptable attitude qu’ont les systèmes éducatifs dans le monde de terroriser…
Une fois que les parents commenceront à comprendre, commenceront lentement à se dévêtir de ces attitudes qui fond d’eux des esclaves, les enfants pourront commencer à bénéficier de leur sensibilité ; il pourra y avoir un plus grand raccordement entre les enfants et les parents et les parents pourront comprendre la grande tristesse, la grande souffrance, de ces enfants à 17, à 18 ans aux portes de l’université.
Si nous regardons les enfants dit souvent les enfants qui ont des intelligences supérieures, les enfants modèles, surdoués, vous regardez ces enfants et ils sont tous sont débalancés ? non pas parce qu’ils ont appris trop de choses, mais parce qu’ils sont surchargés énergétiquement, et ils ne sont pas capables de prendre cette énergie, de la recanaliser ailleurs. Cette surcharge d’énergie elle vient du plan astral, elle ne vient pas du cerveau rationnel. Dans l’évolution future, l’homme vivra une très grande décharge d’énergie à partir de sa source, non seulement son rationnel devra être très balancé, mais aussi son intuitif. Mais son intuitif devra être balancé en relation avec son expérience et non en relation avec l’intuition elle-même. C’est la différence entre l’homme nouveau qui sera intelligent dans un autre ordre, et l’homme ancien qui peut être intelligent dans l’ordre que nous connaissons.


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