Bernard de Montréal a entièrement redéfini la notion d’âme, la sortant du cadre spirituel et moral pour la replacer dans la dynamique cosmique de l’énergie, de la mémoire et de l’évolution. L’âme, dans son instruction, n’est pas la lumière de l’homme, mais la mémoire de sa descente dans la matière — un relais temporaire entre l’esprit et l’ego, destiné à être un jour transmuté, puis dissous = désintégration progressive de l’âme à travers les cinq corps (mental, astral, vital, éthérique, matériel)
NATURE ET ORIGINE ASTRALE DE L’ÂME
L’âme appartient au plan de l’astral, non à celui de l’esprit. Elle est le produit des forces lucifériennes qui ont organisé la matière et la conscience pendant l’involution. Elle n’est donc pas une création de la lumière, mais une création de la mémoire :
- L’âme est la substance psychique de la mémoire humaine.
- Elle enregistre toutes les expériences et conserve leurs empreintes vibratoires.
- Elle a servi de véhicule à l’ego tant que celui-ci ne pouvait pas supporter la lumière directe de l’esprit.
Ainsi, le monde de l’âme est celui de l’émotion, de la réflexion, du symbolisme et de la croyance — la zone intermédiaire entre l’esprit libre et la personnalité conditionnée.
L’ÂME COMME MÉMOIRE ET FILTRE TEMPORAIRE
Pendant toute la période involutive, l’âme a joué un rôle d’intermédiaire indispensable : elle a permis à l’homme de faire l’expérience de la dualité, de la souffrance et du bien et du mal. Mais cette fonction d’apprentissage a un terme.
- L’âme est une banque de données cosmiques, accumulant les impressions de toutes les incarnations.
- Elle est à la fois le moteur et la prison de la conscience expérimentale.
- Le caractère et la personnalité d’un individu sont les effets directs des désordres mémoriels de son âme. Quand l’esprit descend dans la matière, il doit traverser ce champ de mémoire : c’est ce passage qui colore sa lumière et en limite la clarté. Pour que l’homme accède à la lucidité totale, l’âme doit être mise en vibration avec l’esprit, puis progressivement vidée de sa mémoire.
LE PROCESSUS DE TRANSMUTATION ET DE FUSION
Le travail de la lumière sur l’âme est une alchimie. Il ne s’agit pas d’une purification morale, mais d’une combustion vibratoire.
- Involution : l’âme prend charge de l’ego sans la lumière, gouvernant sa vie par le karma et l’émotion.
- Évolution : le Double (l’esprit cosmique) prend charge de l’âme pour l’assimiler à sa propre énergie.
- Fusion : lorsque l’âme est brûlée par la lumière du Double, elle cesse d’être un intermédiaire.
L’homme n’a alors plus besoin d’âme : il devient esprit dans la matière. Cette « destruction » de l’âme n’est pas une perte, mais une intégration de sa substance dans l’intelligence. Ce qui était mémoire devient énergie consciente ; ce qui était émotion devient volonté créative.
LE PÉRISPIRIT ET LE VOILE
Le périsprit, ou corps de mémoire, est le manteau de l’âme. Il entoure l’ego et l’empêche de percevoir directement l’intelligence de l’esprit. C’est ce voile qui crée la souffrance vibratoire et la confusion mentale. Tant qu’il n’est pas dissous, l’homme reste sous la domination du monde des morts et des formes-pensées. Détruire le périsprit, c’est déchirer le voile entre l’ego et la lumière. Alors, la pensée n’est plus réfléchie, mais directe : la communication avec l’esprit devient instantanée.
L’HOMME APRÈS LA DISSOLUTION DE L’ÂME
L’âme fut la matrice de l’expérience humaine, mais elle n’est pas le but de l’évolution. Elle est un pont temporaire que la lumière finit par consumer. Quand l’homme cesse d’être gouverné par sa mémoire et son émotion, il devient créateur dans la matière, transparent à son esprit. Ce passage marque la fin de l’homme psychologique et la naissance de l’homme solaire — celui qui, ayant absorbé son âme, n’a plus besoin d’intermédiaire entre lui et la lumière, parce qu’il est la lumière. L’homme sans âme n’est pas un être vide, mais un être plein de lumière.
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