Le Moi est une construction psychologique et astrale qui, bien qu’indispensable à l’évolution initiale de l’homme, constitue aujourd’hui l’obstacle majeur à sa réalité réelle. Il est la structure qui permet à l’individu de se percevoir, de ressentir et de réagir, mais il ne représente pas l’être authentique. Le Moi est une enveloppe fragile qui a besoin de l’illusion du libre arbitre pour se valoriser et se maintenir.
Le Moi est la partie vibrante et réactive de l’être. Il agit à travers les émotions, les sentiments et les identifications. Toutefois, il n’est pas l’homme réel. Bernard de Montréal affirmait de manière radicale que le Moi n’est pas vous, mais précisément ce qui vous empêche d’être vous-même. Il sert de médiateur temporaire entre l’esprit et l’astral, mais devient une prison dès que la conscience cherche à s’individualiser.
Une distinction essentielle doit être faite entre le Moi et le Moi-même. Le Moi est la forme, liée à la personnalité, aux conventions sensorielles et à la mémoire. Le Moi-même est la réalité invisible de l’être, la personnalité cosmique et le pouvoir réel en l’homme. Il n’a pas besoin de la notion d’être pour exister, car il relève de l’antimatière de l’intelligence.
Le Moi est intimement lié à la conscience astrale et à la mémoire de l’âme. Le cerveau humain fonctionne alors comme une caverne à échos où les pensées subjectives se répètent indéfiniment. Toute souffrance psychologique provient de cette structure, car elle est l’expression directe de l’astral dans le mental. Le « Je » utilisé dans la pensée est une forme de désinformation servant à maintenir l’homme dans une conscience expérimentale.
L’évolution vise la transparence de l’ego. Le passage de la personnalité à la personne réelle implique le dépouillement progressif de toute notion de soi. Toute notion crée une tension et assujettit l’esprit à l’émotion. Lorsque la fusion s’installe, le Moi devient une lentille transparente permettant à la lumière de l’esprit de circuler sans déformation. L’homme en autorité de vie ne subit plus son existence ; il dirige son énergie créative sans doute, sans réflexion égoïque et sans interférence mémorielle.

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