Les mots sont définis comme des formes-prisons qui, durant l’involution, ont servi à enchaîner l’être humain à une conscience subjective et expérimentale. Ils sont des outils de la mémoire qui, bien qu’utiles au développement de l’intellect, créent des voiles sémantiques empêchant l’accès à l’intelligence réelle.
Le mot agit comme une structure de fixation. Bien dit, il devient un matériau de construction de la cathédrale du mensonge cosmique, fascinant l’ego et le maintenant sous domination. Tant que l’homme est inconscient, il ne crée pas ses mots ; il les reçoit de la mémoire de la race ou de l’influence astrale. Les mots servent alors à sécuriser l’ego dans le connu et n’ont aucune valeur réelle au-delà de cette fonction.
Avec l’évolution de la conscience, l’homme cesse de s’attacher à la forme du mot pour accéder à sa vibration. Les mots deviennent alors des véhicules de l’énergie de l’esprit. On dit qu’ils ont des ailes. Cette parole vibrante provient du feu électrique, une énergie capable de consumer les densités mentales et astrales afin de permettre la fusion avec le double. Le mot créé dans l’instant ne laisse aucune trace mémorielle ; il est utilisé puis dissous dans le présent de l’esprit.
Une distinction fondamentale est établie entre le mot et la parole. Le mot est le support, la parole est l’acte créatif. La jasette appartient à l’involution et vide l’homme de son énergie. La parole réelle, elle, énergise, instruit et détruit les formes. À terme, un mot vibrant possède le pouvoir de briser les structures astrales et d’agir sur la matière.
L’homme conscient doit apprendre à ne plus croire aux mots, même à ceux jugés sacrés. L’intelligence réelle commence là où la croyance dans les formes linguistiques cesse. Plus l’homme devient conscient, plus il se détache de la valeur psychologique des mots et plus son rapport au langage devient anonyme et fonctionnel.

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