Le terme opinion désigne, dans l’instruction de Bernard de Montréal, une construction psychologique de l’ego issue du plan mental inférieur, nourrie par les mémoires de l’âme et les pressions de l’astral, qui remplace la perception directe de ce qui est par une position subjective.
Sur le plan opérationnel, l’opinion se forme lorsque l’ego interprète une situation à partir de ses croyances, de ses expériences passées, de ses attachements affectifs ou de ses résistances, puis fige cette lecture en jugement. Elle donne l’illusion de comprendre alors qu’elle procède d’un tri partiel de l’information, renforcé par la charge émotionnelle et par des raisonnements défensifs ou justificatifs. Tant que l’ego s’appuie sur l’opinion, ses décisions demeurent polarisées, orientées par la sympathie, l’antipathie, la peur ou le désir plutôt que par la clarté impersonnelle.
Fonctionnellement, parler d’opinion revient à signaler un mécanisme de substitution : la conscience traite une fabrication interne au lieu d’une donnée réelle. Sa neutralisation commence lorsque l’ego suspend son jugement, cesse de s’identifier à ses positions mentales et se rend disponible à l’information directe de l’esprit, seule capable d’établir une vision sans angle et immédiatement opérative.

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