La pensée n’est pas un produit du cerveau matériel, mais une énergie, un réflexe-lumière provenant de plans invisibles et projeté dans la conscience humaine. L’impression d’être l’auteur de ses pensées constitue le noyau de l’inconscience involutive : l’homme ne pense pas, il reçoit une pensée qu’il personnalise à travers son ego. Cette appropriation crée la fracture fondamentale entre l’être humain et sa source réelle.
L’illusion de penser est nécessaire à la stabilité psychologique de l’ego. Le « JE » agit comme une interface fictive permettant à l’individu de se sentir actif, volontaire et autonome. Cette construction donne naissance à un libre arbitre illusoire et maintient l’homme dans une conscience expérimentale. En s’identifiant à ses pensées, l’individu se coupe de leur origine et devient récepteur passif d’une programmation astrale utilisant ses émotions et sa mémoire pour le maintenir dans l’ignorance.
La pensée humaine involutive est dite réfléchie ou subjective. Elle est lente, fragmentée, colorée par la mémoire de la race et par l’émotion. Elle sert au développement de l’intellect et de l’âme à travers l’expérience et la souffrance. L’évolution de la conscience implique le passage de cette réflexion à une parole créative, c’est-à-dire à une émission instantanée d’énergie sans doute ni analyse, permettant de savoir sans avoir appris.
Le cerveau fonctionne comme un récepteur radio syntonisé sur différentes fréquences. La pensée agit comme un système de communication entre la personnalité humaine et la réalité cosmique de l’individu. Tant que l’homme ne conteste pas les pensées qui l’affaiblissent, l’inquiètent ou le divisent, il demeure sous la domination du mensonge cosmique. La pensée devient alors un outil de manipulation plutôt qu’un pont vers l’intelligence.
Le principal obstacle à la transparence du mental est la crainte. Peur, anxiété et doute fracturent le rayon de l’esprit et forcent l’ego à se réfugier dans la réflexion pour se sécuriser. La conquête de la conscience réelle exige une neutralité émotionnelle totale, permettant de supporter le vide d’un mental libéré de la pensée réfléchie, afin que la lumière du savoir puisse s’y établir durablement, selon la compréhension développée par Bernard de Montréal.

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