Le terme singularité désigne, dans l’instruction de Bernard de Montréal, la qualité propre et non interchangeable de la manifestation de l’esprit à travers un ego donné, une fois la personnalité, le caractère et le tempérament retirés de leur fonction directive.
Sur le plan opérationnel, la singularité se manifeste lorsque l’ego ne fonctionne plus selon des modèles collectifs, des conditionnements mémoriels ou des rôles sociaux, mais selon une signature intérieure précise, non imitée et non reproductible. Elle n’est ni une originalité psychologique ni une différence de surface, mais la traduction fonctionnelle d’une liaison directe avec l’esprit qui confère à l’homme une manière unique d’agir, de parler, de décider et de se positionner dans la matière. Tant que l’ego demeure prisonnier des structures de l’âme et de l’astral, cette singularité est masquée par les mécanismes de la personnalité ; lorsqu’il s’en dégage, elle apparaît comme une autorité naturelle, sans emphase ni revendication identitaire.
Fonctionnellement, parler de singularité revient à nommer l’état où l’homme cesse d’être défini par ce qu’il a été pour être défini par ce qu’il est dans l’instant réel, sous la gouverne directe de l’esprit, opérant selon une trajectoire qui ne dépend plus des programmations collectives ni des formes héritées.

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