Sortir de l’émotivité sans tomber dans l’inémotivité : fuite et illusion de maîtrise

13 Avr 2026 | Actualités, Livrets thématiques

🌎 choisissez la langue du texte dans le menu 👆

Téléchargement au format PDF non autorisé — accès strictement personnel.

Exclusivement traduit de l’œuvre intégrale de  Bernard de Montréal.

Ces livrets visent à fixer l’instruction dans la matière comme mémoire opérative vivante, afin d’en préserver l’intégrité et d’en soutenir la transmission à ceux dont la conscience est prête à l’accueillir. Cette instruction n’est pas une doctrine, mais une science mentale universelle orientée vers la libération de l’homme et l’évolution irréversible de sa conscience.


 

L’homme croit devoir se libérer de ses émotions, alors qu’il est prisonnier de ce qu’il en fait.
Ce ne sont pas les émotions qui l’enchaînent, mais son incapacité à ne pas s’y identifier.
Tant que cette confusion persiste, toute tentative de maîtrise reste une illusion.

 

L’ÉMOTION N’EST PAS LE PROBLÈME

L’émotion n’est pas le problème. Ce qui asservit l’homme, ce n’est pas la présence de l’émotion, mais son absence de maîtrise face au mouvement qu’elle déclenche en lui.

Sur le plan biologique, le cerveau réagit, traite, déclenche. L’organisme reçoit, amplifie, traduit. Le corps devient alors le théâtre d’une activité nerveuse parfaitement fonctionnelle. Mais cette mécanique n’explique pas pourquoi l’homme reste prisonnier de certaines réactions, pourquoi il répète, pourquoi il subit.

POINT DE BASCULE : L’ADHÉSION

L’émotion n’est pas seulement une réaction, elle est un passage. Elle traverse le corps, s’inscrit dans la matière, puis se prolonge dans la pensée qui la récupère, la justifie ou l’amplifie.

C’est à cet endroit que naît la perte de contrôle : non dans le déclenchement, mais dans l’adhésion.

Le plexus devient un point d’impact où l’énergie se fixe. La sensation est réelle, parfois envahissante, mais elle n’a de pouvoir que celui que l’homme lui accorde. Tant qu’il s’identifie à ce qu’il ressent, il en devient le prolongement.

LA NEUTRALITÉ : NI FUITE NI SUPPRESSION

La neutralité émotionnelle ne consiste pas à supprimer l’émotion ni à anesthésier la sensibilité. Une telle tentative mène à une forme d’inertie ou de dissociation.

La neutralité réelle commence lorsque l’homme cesse de se confondre avec le mouvement qui le traverse. Il ressent, mais ne se laisse plus emporter.

Ce basculement marque le début d’un contrôle réel : non par effort ou répression, mais par présence et lucidité.

DE LA RÉACTION À L’INFORMATION

Ce qui était auparavant une force corrosive devient une information transitoire. L’énergie circule, mais ne dirige plus.

L’homme découvre que ce ne sont pas les émotions qui le détruisent, mais son incapacité à les contenir sans les bloquer, à les observer sans les nourrir, à les laisser passer sans s’y attacher.

La maîtrise ne naît pas du refus, mais de la séparation.

L’ILLUSION DE L’INÉMOTIVITÉ

L’absence d’émotion n’est pas un signe de maîtrise, mais souvent l’indice d’un blocage.

Ce que certains appellent neutralité relève fréquemment d’une inémotivité de surface. Derrière cette façade, l’émotion n’a pas disparu : elle est comprimée, déplacée, et agit de manière plus subtile, souvent plus corrosive.

Chez certains, cette inémotivité glisse vers une anémotivité plus profonde : une coupure réelle avec la sensibilité. L’homme ne réagit plus, mais il ne ressent presque plus non plus.

Cette fermeture n’est pas une force, mais une limitation.

LE FAUX CONTRÔLE

La froideur, la distance, l’apparente neutralité ne sont pas des preuves de maîtrise. Elles traduisent souvent une rigidité interne ou une protection face à des zones non intégrées.

Le faux contrôle repose sur une tension. Il exige effort, surveillance, discipline. L’homme se contient, mais ne se maîtrise pas.

La neutralité réelle, elle, ne contracte pas. Elle clarifie. Elle laisse passer sans s’impliquer.

NI ROBOT, NI INSENSIBLE

Une confusion persiste : croire que la maîtrise mène à une forme mécanique, froide, presque robotique.

Cette vision est une erreur. La maîtrise ne transforme pas l’homme en automate, elle le libère de ses automatismes.

Comme le précise Bernard de Montréal :
« Il ne s’agit pas […] de vivre comme un robot. »

Et encore :
« La maîtrise de l’émotivité ne veut pas dire l’endurcissement de l’homme. »

Au début, l’homme peut se sentir dirigé, déstabilisé. Il découvre qu’il était déjà automatisé par ses émotions.

« Il se sent automate, parce que justement, il est automate. »

La maîtrise ne supprime pas l’émotion. Elle empêche son abus.

L’ÉMOTIVITÉ : LA VRAIE SOURCE DU PROBLÈME

L’erreur fondamentale ne réside pas dans l’émotion, mais dans l’émotivité.

Comme le souligne Bernard de Montréal : « C’est l’émotivité chez l’homme qui diminue la certitude au sein de sa conscience. »

L’émotivité contracte, perturbe, détourne l’intelligence. Elle empêche l’homme d’être lui-même et maintient une agitation interne constante.

C’est elle qui rend l’émotion corrosive.

LA SENSIBILITÉ LIBRE : DÉFINITION DE LA MAÎTRISE

La neutralité véritable apparaît lorsque l’émotion cesse d’interférer avec l’intelligence.

Comme le précise Bernard de Montréal : « Je ne dis pas que je n’ai pas d’émotions, je dis que les émotions ne font pas interférence avec mon intelligence. »

L’homme peut alors ressentir pleinement, sans perdre son axe. « Une émotion c’est très beau. Une émotion c’est la mesure même de la beauté, de la sensibilité. »

Et même : « Moi quand je vois quelque chose de beau, je peux pleurer […] mais c’est balancé avec le mental. »

L’émotion devient alors une vibration ponctuelle, sans trace ni attachement.

Le contrôle réel n’est pas un effort : « L’Homme conscient n’a pas à contrôler son énergie […] sa conscience intégrale elle-même est contrôle. »

À ce niveau, même l’énergie dite négative peut être utilisée sans danger : « Dans l’intelligence créative, il y a un petit peu de colère quand c’est nécessaire. »

L’homme ne devient pas froid, il devient libre.

La neutralité ne supprime pas la sensibilité, elle la rend exacte. Elle ne coupe pas l’émotion, elle l’empêche de prendre le pouvoir.

C’est ici que commence l’intelligence réelle : lorsque l’homme peut tout ressentir sans jamais être contrôlé par ce qu’il ressent.

L’homme libre n’est pas celui qui ne ressent plus, mais celui qui ne peut plus être manipulé par ce qu’il ressent.

À partir de là, l’émotion ne conditionne plus la conscience, elle la traverse sans jamais la définir.

Et ce qui, autrefois, le dominait, devient simplement un mouvement sans pouvoir sur lui.

Synthèse EDS — Edwige
Texte original publié sur
Bernard de Montréal — Énergie du Savoir

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *