Bernard de Montréal précise que l’instruction n’est jamais collective par essence : elle est d’abord et avant tout une affaire personnelle. Elle s’adresse à l’homme individuellement, selon sa capacité réelle à dépasser les limites imposées par ses sens.
Les sens sont décrits comme une fenêtre étroite sur le monde matériel. Ils permettent à l’homme de fonctionner dans la matière, mais ne donnent aucun accès aux dimensions invisibles qui constituent pourtant la fondation même de ce monde. Tant que l’homme demeure prisonnier de la perception sensorielle, il lui est impossible de connaître le réel au-delà des apparences.
L’instruction souligne que la conscience supramentale a pour fonction de libérer l’homme de cette prison sensorielle. Elle lui permet de contrôler la nature non par domination, mais par compréhension vibratoire de ses lois. Cette maîtrise n’est possible que lorsque l’ego est parfaitement équilibré, que la volonté personnelle est en harmonie avec la volonté universelle, et que l’intelligence humaine est ajustée à l’intelligence universelle.
Dans cet état, l’homme peut canaliser les forces sans distorsion. Il n’est plus dominé par des forces négatives, car il ne projette plus ses désirs, ses peurs ou ses ambitions dans l’énergie qu’il manipule. Le pouvoir cesse alors d’être corrupteur, puisqu’il n’est plus récupéré par l’ego.
Bernard de Montréal montre ainsi que la conscience supramentale est indispensable pour que l’homme exerce un pouvoir réel, stable et juste. Sans cette conscience, toute tentative de dépassement des sens conduit à l’illusion, à l’abus ou à la perte d’équilibre. L’instruction demeure donc un outil de transmutation strictement personnel, accessible uniquement à celui qui est prêt à en assumer la responsabilité.






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