Bernard de Montréal distingue clairement le discernement de la sagesse. Il explique que la sagesse est relative, conditionnée par les cultures, les traditions et les époques, tandis que le discernement est universel. Il ne dépend ni d’un cadre moral ni d’un système de valeurs, car il constitue l’application parfaite de l’intelligence en action.
L’instruction précise que le discernement permet de se mettre au neutre. Être neutre signifie ne pas se prendre au sérieux, ne pas s’identifier à ses pensées, à ses rôles ou à ses réactions. Cette neutralité donne à l’homme la capacité de tracer sa vie de manière autonome, sans être influencé par des idéaux extérieurs ou des formes imposées.
Bernard critique les constructions spirituelles et philosophiques, qu’il considère comme des illusions raffinées. Ces formes, même lorsqu’elles se présentent comme élevées, retardent l’évolution réelle de l’homme en le maintenant dans des cadres interprétatifs qui remplacent l’intelligence directe.
Il souligne le lien étroit entre discernement et volonté. Le discernement n’est pas passif : il est une force qui permet à l’intelligence de passer à travers l’homme sans distorsion. Là où il n’y a pas de discernement, l’intelligence est bloquée, récupérée ou affaiblie par les formes.
L’instruction encourage le développement du discernement comme condition essentielle à une vie équilibrée et autonome. Hors des illusions culturelles, spirituelles ou philosophiques, l’homme peut alors fonctionner de manière juste, stable et responsable.






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