Bernard de Montréal affirme que l’amour est l’un des concepts les plus mal compris et les plus mal vécus par l’humanité. Tel qu’il est expérimenté par l’ego, l’amour n’est pas une libération, mais une limitation, une énergie déformée par l’émotion, l’attachement et le besoin de compensation intérieure.
Bernard de Montréal distingue clairement plusieurs registres de l’amour. L’amour passionné est une manifestation émotionnelle intense, fondée sur le désir, la possession et la projection. Il attache les êtres les uns aux autres par l’émotion et crée une dépendance réciproque qui affaiblit l’autonomie intérieure. Cet amour nourrit l’ego mais ne le transforme pas.
Il évoque ensuite l’amour spirituel, qui se présente comme une version idéalisée et sublimée de l’amour passionné. Bien qu’il paraisse plus élevé, cet amour demeure lié à l’ego et à ses constructions. Il remplace l’attachement charnel par un attachement symbolique, moral ou mystique, sans libérer réellement la conscience. Il rassure l’ego en lui donnant le sentiment d’aimer « mieux », mais il reste une forme.
Bernard de Montréal affirme que ces deux formes d’amour appartiennent à l’illusion humaine. Elles sont nécessaires à l’involution, mais deviennent des obstacles dès que la conscience cherche à se libérer. Tant que l’homme est dominé par l’ego, l’amour qu’il vit ne peut être qu’un compromis émotionnel avec la peur de la séparation et du vide intérieur.
Il introduit alors une autre réalité : une forme d’amour issue de la conscience pure, qui n’appartient pas à l’ego. Cet amour n’est ni sentimental, ni possessif, ni projectif. Il est une énergie impersonnelle, universelle, qui ne cherche rien et ne retient rien. Il ne lie pas les êtres par le besoin, mais les reconnaît dans leur liberté respective.
Bernard de Montréal précise que cet amour universel ne peut être compris mentalement ni vécu tant que l’ego domine. Il exige une transmutation réelle de l’ego, un dépassement des sentiments personnels et des attentes affectives. L’ego doit accepter de perdre l’amour tel qu’il le connaît pour accéder à une autre dimension de relation.
Il met en garde contre l’attachement à l’amour humain, qui devient un frein majeur à l’évolution de la conscience. Cet attachement empêche l’homme de réaliser pleinement la volonté et l’intelligence universelles, car il le maintient dans une dépendance émotionnelle incompatible avec la liberté intérieure.
Bernard de Montréal souligne que l’amour universel ne remplace pas l’amour humain : il le rend caduc. Là où l’amour humain cherche à combler, l’amour universel est déjà plein. Là où l’amour humain souffre, l’amour universel demeure stable, lucide et sans attente.
Il conclut que l’homme ne peut accéder à l’amour réel qu’en cessant de vouloir aimer à partir de l’ego. Lorsque la conscience devient pure, l’amour cesse d’être une expérience personnelle et devient une présence énergétique, silencieuse et libre, qui ne limite plus l’être mais l’ouvre à l’universel.







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