Bernard de Montréal expose ici la différence fondamentale entre la volonté subjective issue de l’ego et la volonté cosmique issue de l’intelligence, révélant pourquoi l’homme confond puissance intérieure et désir tant qu’il demeure prisonnier de ses émotions.
Il est mis en évidence que l’homme fonctionne presque exclusivement à partir d’une volonté subjective, façonnée par le désir, la peur et l’émotion. Cette volonté n’est pas créatrice : elle réagit, compense, insiste, mais ne dirige rien en profondeur. Elle donne l’illusion du choix alors qu’elle demeure entièrement conditionnée par la mémoire psychologique et les forces astrales qui l’exploitent.
La transition vers la volonté cosmique constitue une rupture majeure dans la conscience. Cette volonté ne naît pas du vouloir personnel, mais d’un alignement avec une intelligence vibratoire qui dépasse les intérêts de l’ego. Lorsqu’elle s’installe, elle entre inévitablement en conflit avec les désirs anciens, provoquant des tensions internes, des résistances et parfois une impression de dépossession. Ce choc n’est pas une anomalie : il signale le démantèlement progressif de la volonté illusoire au profit d’une direction réelle.
L’intelligence joue alors un rôle central. Sans elle, la volonté cosmique ne peut être reconnue ni canalisée correctement. Elle permet de décoder ce qui relève encore de l’émotion, de la croyance ou de la projection, et d’éviter les déformations issues des constructions philosophiques ou spirituelles héritées de l’involution. Tant que l’intelligence n’est pas active, la volonté demeure fragmentée et l’homme oscille entre exaltation et impuissance.
La véritable puissance humaine ne réside pas dans l’effort ni dans la domination de soi, mais dans l’unité fonctionnelle entre la volonté cosmique, l’intelligence et l’amour conscient. Cette unité exige le dépassement des illusions émotionnelles et la fin des compromis intérieurs. Lorsque cette cohésion est atteinte, l’homme cesse de lutter contre lui-même : il agit avec justesse, sans résistance, parce que sa volonté ne lui appartient plus, elle s’exprime à travers lui.













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