Bernard de Montréal expose que l’évolution humaine ne peut s’accomplir tant que la conscience demeure enfermée dans la dualité du bien et du mal, ces deux pôles étant des constructions de la pensée qui retardent l’accès à une action créative réelle.
Il est expliqué que l’évolution constitue un mouvement nécessaire à la perfection des systèmes, qu’ils soient inférieurs ou supérieurs. L’expérience joue un rôle fondamental dans ce processus, car elle permet d’augmenter le taux vibratoire de l’homme tant que celui-ci est soumis au temps et à la succession des événements. Toutefois, dans l’état de fusion, l’expérience perd sa fonction, puisque l’individu agit en instantanéité avec le mouvement de l’intelligence.
La relation entre l’âme et l’ego est précisée avec rigueur. L’âme est décrite comme une énergie qui instruit vibratoirement les formes, tandis que l’ego doit se perfectionner pour atteindre le plan de l’âme sans s’y dissoudre. Lorsque cette jonction s’opère, l’homme cesse d’être un simple récepteur d’influences : il devient créateur, capable de canaliser l’énergie de l’âme sans la déformer.
La connaissance, telle qu’elle est accumulée et conservée, est présentée comme un obstacle à cette fusion. Elle fige la conscience dans des formes mortes et empêche l’accès à la lumière directe. Pour que l’intelligence s’installe, cette connaissance doit être détruite, non par rejet, mais parce qu’elle n’a plus de fonction dans un état de conscience unifié.
La distinction entre magie blanche et magie noire est abordée sous l’angle de la manipulation. Les deux relèvent d’une utilisation détournée des forces, car elles cherchent à influencer plutôt qu’à canaliser. L’homme en évolution réelle ne manipule plus les énergies : il les laisse circuler à travers lui, sans intention personnelle ni volonté de contrôle.
Il est alors affirmé que le bien et le mal retardent l’évolution de l’homme, car ils sont issus de la pensée dualiste. Tant que l’action est guidée par la recherche du bien ou l’évitement du mal, la conscience demeure polarisée et prisonnière de l’expérience. L’action créative, située au-delà de cette opposition, constitue le véritable pont vers l’avenir.
L’évolution future de l’homme repose ainsi sur une sortie définitive de la dualité morale, permettant à l’intelligence de s’exprimer sans entrave et à l’homme d’agir à partir d’un centre unifié, libre des catégories qui ont structuré l’involution.



















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