Bernard de Montréal expose que la destruction de l’identité humaine constitue une condition essentielle pour inverser la relation entre l’âme et l’ego, afin que l’âme cesse de diriger l’homme et devienne un réservoir d’énergie au service d’une intelligence créative autonome.
Il est expliqué que l’identité humaine agit comme une structure de verrouillage. Tant qu’elle subsiste, l’ego demeure soumis aux impulsions de l’âme, à ses désirs évolutifs et à ses projections. Cette soumission maintient l’homme dans un état de dépendance, où il sert des forces qu’il ne contrôle pas. Détruire l’identité revient à libérer l’ego de cette tutelle invisible.
La souffrance est présentée comme un mécanisme indispensable à cette transformation. Elle naît du contact entre une ancienne forme devenue inadéquate et une énergie nouvelle qui cherche à s’installer. Cette friction n’est ni punitive ni accidentelle : elle indique que l’identité en place ne peut plus soutenir la pression vibratoire exercée par l’intelligence émergente.
La colère joue un rôle précis dans ce processus. Elle agit comme une force de rupture capable de détruire les formes dites élevées, notamment celles issues de la spiritualité traditionnelle. Lorsqu’elle est comprise et non refoulée, la colère dissout les constructions idéalisées qui emprisonnent l’intelligence et libère une énergie jusqu’alors bloquée par la soumission et la croyance.
Il est insisté sur la nécessité d’une intelligence d’une grande précision. Sans cette précision, la destruction de l’identité peut se retourner contre l’ego et produire de la confusion. L’intelligence véritable ne sert pas, elle crée. Elle ne se conforme pas à des modèles hérités et ne cherche pas à s’inscrire dans une hiérarchie spirituelle. Elle agit directement, sans intermédiaire.
La critique des formes traditionnelles de spiritualité s’inscrit dans cette logique. Ces formes maintiennent l’homme dans une posture de service et de dévotion, l’éloignant de sa fonction créatrice. Tant que l’homme sert, il ne crée pas. La transition vers le supramental exige une rupture avec cette dynamique, afin que l’ego reprenne sa place centrale comme point d’ancrage de l’intelligence.
La transformation décrite implique une libération complète de l’ego vis-à-vis des influences astrales et des cadres spirituels. Lorsque l’âme devient un instrument énergétique plutôt qu’une autorité, l’homme accède à une intelligence pure, créative et autonome. À ce stade, l’identité n’a plus de fonction, la souffrance cesse d’être nécessaire, et l’homme peut agir à partir d’un centre libre, dégagé de toute soumission.

















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