Bernard de Montréal expose que le subconscient constitue la racine des déséquilibres humains et que chaque homme doit, par lui-même, le détruire ou traverser la folie afin d’accéder à une intelligence réelle, autonome et affranchie des illusions intérieures.
Il est expliqué que le subconscient agit comme un réservoir de mémoires, de peurs et de formes non intégrées qui gouvernent l’homme à son insu. Tant que ces contenus demeurent actifs, la conscience est fragmentée et l’individu confond ses perceptions avec des constructions intérieures. Voir au-delà des illusions du subconscient devient alors une condition essentielle pour toute stabilité mentale.
La destruction du subconscient ne peut être déléguée ni provoquée de l’extérieur. Elle relève d’un processus intime, où l’homme doit apprendre à se tenir face à ses propres projections sans fuite ni justification. Cette traversée exige une volonté ferme et une neutralité absolue à l’égard des émotions et des pensées polarisées, qui alimentent la confusion.
La folie est abordée comme une possibilité inhérente à ce passage. Elle ne doit ni être redoutée ni idéalisée. Lorsqu’elle se présente, elle révèle une rupture entre les anciennes structures psychiques et une intelligence émergente qui ne trouve pas encore sa forme. Refuser cette étape ou tenter de la masquer prolonge l’emprise du subconscient et retarde l’intégration.
L’intelligence véritable est décrite comme non quantifiable. Elle ne se mesure ni par le savoir ni par la compréhension rationnelle. Elle se manifeste par une certitude intérieure, une capacité à demeurer sûr de soi même lorsque l’homme ne comprend pas ce qu’il traverse. Cette stabilité sans explication constitue un signe clair de présence de l’intelligence.
La neutralité devient alors un pivot central. Elle permet de ne pas s’identifier aux états extrêmes, aux peurs ou aux exaltations. Sans neutralité, la volonté se dissout et l’homme retombe sous l’emprise du subconscient. Avec elle, la conscience peut traverser les zones de turbulence sans se fragmenter.
Il est insisté sur le fait que nul ne peut éviter ce travail. Chaque homme doit détruire son propre subconscient ou affronter la folie par lui-même. Aucune structure extérieure, aucune croyance ni aucun soutien psychologique ne peut remplacer cette confrontation directe. C’est à ce prix que l’intelligence cesse d’être abstraite et devient opérative.
La folie, acceptée et traversée consciemment, cesse alors d’être une menace. Elle devient un seuil. Une fois franchi, l’homme ne vit plus sous la domination de ses contenus intérieurs, mais à partir d’une intelligence claire, stable et souveraine, capable de soutenir la conscience sans recours aux illusions anciennes.


















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