Cette Mini Rencontre aborde la condition de l’homme planétaire telle qu’elle est décrite dans l’instruction de Bernard de Montréal. L’ego y est présenté comme une structure mécanique, une forme de conscience enfermée dans la mémoire et soumise aux influences astrales, donnant à l’homme l’impression d’exister alors qu’il fonctionne principalement par automatisme.
L’homme planétaire ne possède pas d’identité réelle. Il vit à travers l’impression d’un « moi » qu’il croit personnel, mais qui correspond en réalité à une évaluation psychologique fondée sur les sens, l’expérience accumulée et la mémoire collective. Ce sentiment d’identité repose sur une construction réflexive, où la pensée est perçue comme autonome alors qu’elle est imposée, produisant l’illusion du libre arbitre.
L’ego planétaire est ainsi constitué d’une mémoire d’âme institutionnalisée. Il est formé de ce que l’homme a appris, intégré et reproduit socialement et historiquement. Cette accumulation de références crée une forme d’ignorance sophistiquée, dans laquelle l’homme croit savoir alors qu’il demeure séparé de sa source réelle d’information.
L’insécurité permanente de l’ego planétaire trouve son origine dans la rupture entre le principe cosmique de l’homme et son principe matériel. Déconnecté de sa source intérieure, l’homme ne peut se fier à lui-même. Il cherche alors des appuis extérieurs, qu’il s’agisse de la société, de figures d’autorité, de systèmes idéologiques ou de croyances structurantes.
Cette insécurité est entretenue par ce qui est décrit comme un mensonge cosmique. Les plans invisibles exploitent les émotions et les pensées de l’homme afin de maintenir une dynamique de crainte, de dépendance et de soumission. L’ego se nourrit de ces influences, ce qui renforce son sentiment de vulnérabilité et son besoin de protection.
Un conflit s’installe alors entre l’homme mécanique, lié à la matière, et l’homme réel, porteur d’une intelligence lumineuse. L’ego planétaire fonctionne à partir d’une intelligence dite karmique, directement associée au corps astral et à un état d’impuissance intérieure. À l’inverse, l’homme en devenir est appelé à accéder à une intelligence libre, indépendante des conditionnements mémoriels.
La souffrance vécue par l’homme planétaire découle de cette tension. Elle naît de la confrontation entre son besoin de sécurité, ancré dans les structures subtiles de la personnalité, et la pression de l’esprit qui cherche à dissoudre les formes anciennes afin de permettre une transformation réelle.
La transition vers l’Homme nouveau implique un passage fondamental : celui de la personnalité collective et réflexive vers une personne réelle, individualisée et centrique. Devenir centrique signifie cesser de se définir à travers la mémoire de la race et apprendre à se soutenir seul dans son savoir, sans dépendance aux influences extérieures.
Dans cette transformation, la pensée subjective perd progressivement sa fonction dominante. L’homme nouveau ne vit plus de pensées personnelles, mais d’un rapport direct avec sa source, où la communication s’effectue sans intermédiaire mémoriel. Le « je » fictif cède alors la place à une relation de force consciente entre l’ego et l’esprit.
En intégrant son énergie cosmique dans la matière, l’homme planétaire cesse d’être recyclé dans les mondes de la mort astrale. Il accède à une continuité de conscience sur le plan éthérique, marquant la fin de la répétition involutive et l’ouverture vers une forme d’immortalité consciente.
Une image permet de saisir cette condition : celle d’une chambre à écho. Le cerveau de l’homme planétaire fonctionne comme une caverne où résonnent des pensées mémorielles et astrales. L’homme confond ces échos avec sa propre voix. Devenir conscient consiste à faire taire ces résonances pour capter un signal clair, extérieur à la caverne, celui de l’esprit. Ce signal transforme progressivement l’habitant de l’ombre en un être capable de sortir de la structure qui l’emprisonnait.
Audio et transcription intégrale

















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