La rupture pour la femme, est une forme de mortalité pour laquelle elle ne fut pas préparée par son éducation. Depuis le début, vierge et ingénu, on lui a fait croire que la vie conjugale durerait indéfiniment, comme l’enseigne la religion : « Pour le meilleur et pour le pire. » Ces notions archaïques et manipulatrices, vont à l’encontre de la réalité humaine, alourdie de ses divisions et de ses cauchemars. La plus grande amie de la femme, est une compagne ayant déjà été terrassée par le traumatisme de la rupture, et qui avec le temps, en a trouvé l’issue. De son expérience, l’ingénue peut tirer profit, dans la mesure où elle sait écouter. Aucune femme n’est à l’abri d’une rupture avec l’homme de sa vie parce que, aujourd’hui, il lui professe son amour. Elle doit être préparée au pire – ou à ce qu’elle considère pour le moment le pire – et plus tard, le meilleur, parce que c’est ainsi que va la vie. La vie est un chapelet de souffrances et l’amour en fait partie. Mais il faut le dire, l’enseigner à nos enfants, à celles et ceux que l’on aime.
La femme doit être enseignée dès le plus jeune âge, que l’homme n’est pas le plus raisonnable des êtres, simplement parce qu’il lui professe son amour. L’amour pour elle, est conditionné par une myriade d’états d’âme, dont lui-même n’est ni conscient ni maître. On ne s’unit pas au début de l’inexpérience amoureuse avec qui l’on veut, mais avec qui l’ont doit. Ceci fait partie de la programmation de l’être, du plan de vie, et ce n’est qu’avec l’expérience et une connaissance de soi plus approfondie, que l’on en arrive à s’unir sur la base d’un choix véritable. L’être humain, en général, devrait s’unir deux fois dans la vie : La première, par ignorance et la deuxième par choix. Ceux qui réussissent pour la première fois et à demeurer ensemble pour une longue période de vie, le font souvent au détriment de leur réalité profonde ou en raison d’autres conditions, qui empêchent de manière raisonnable toute séparation. Mais encore une fois, ils en paient le prix. La liberté de la conscience ne découle que de la volonté pure. La femme moderne est plus avantagée face à la rupture, car la modernité la lui fait observer quotidiennement autour d’elle. Elle n’est plus un cas isolé. Mais elle n’en est pas pour autant à l’abri, en raison du déchirement qu’elle crée.
La femme doit être éduquée et fortement enseignée que l’amour est un karma tant qu’elle n’est pas en contrôle de sa vie amoureuse, c’est-à-dire de ses émotions face à l’amour. Ceci exige une certaine conscience de soi. Elle cessera alors de vivre d’expérience en expérience et l’amour lui offrira un paysage plus serein et plus équilibré dans son coloris. Elle découvrira qu’il n’est pas absolu et que seules les émotions le sont, temporairement. Ayant appris à consolider son être à travers la tempête, elle se libérera pour toujours dans l’amour et vivra en paix avec elle- même. L’amour n’est jamais le problème : Seules ses émotions le sont absolument.
La femme doit traiter avec la rupture comme on traite avec un mal sournois, une infirmité émotionnelle : Seul un tel apprentissage lui apportera la maturité nécessaire pour son expansion dans la vie – de manière créative – et regagner son autonomie. Sans autonomie, elle est commodément victime de l’amour, ce dernier lui faisant toujours miroiter une sécurité séduisante, que renforce l’ignorance de soi, et par conséquent de l’autre et de la vie. L’amour est le pire ennemi de la femme, lorsqu’elle ne sait pas composer avec lui à partir d’une position de force. Tant qu’elle n’est pas dans son identité, elle risque d’être entravée dans sa culture intérieure, le seul terrain – de sa conscience – inexorablement relié à ses sentiments profonds.
Tant qu’elle n’est pas autonome dans sa conscience, la rupture est son grand mal, non pas en tant que tel mais en tant que dommage causé – souvent de manière irréparable – chez une âme faible. Une femme autonome à tous les niveaux ne vit point la rupture, donc l’amour, comme celle qui en dépend pour sa survie émotionnelle. Ce sont ces femmes que l’on doit écouter, et éviter les autres qui n’y comprennent rien et en vivent constamment les turbulences…
La notion de karma peut sembler étrange à la mentalité occidentale, mais demeure le fait que la vie est immense, et plus vaste que puisse en saisir l’intelligence blanchie par la raison, et découplée d’une compréhension quasi totale de l’existence. La vie est vaste, et sa mémoire incommensurable. Il s’agit d’observer ses machinations dans les rêves pour y voir qu’elle est à l’aise autant dans le passé que dans l’avenir, nos vies antérieures ainsi que nos drames actuels. Rien ne nous oblige à la notion de vies antérieures, si ce n’est que pour ajouter à la compréhension des liens tissés dans l’amour, et à la réalisation qu’ils sont une reconstruction de vies et de mémoire anciennes, ou s’appliquent les lois karmiques visant l’évolution de l’âme qui en est invisiblement la cible. Les émotions inexplicables et incontrôlables que nous retrouvons dans les grandes tragédies, dans les meurtres passionnés, dans tous les tableaux de vies quotidiennes chavirées, irresponsables et irraisonnées, font partie du maniement de l’âme à partir de plans de vies oubliés dans notre matérialité, mais dominant nos existences et nous invitant dans la grande tourmente. La femme en est la plus grande victime, parce qu’elle en écope les aspects karmiques sur le plan émotionnel, alors que l’homme vit le sien dans un coin plus reculé de sa conscience mentale, où l’émotion est moins vive et donc sans conséquence équivalente. Il est dit que l’homme vit son karma sur terre dans le travail, et la femme dans l’amour. Notion très probable et très probante.
Chez la femme, la souffrance profonde découlant de la rupture dans son expérience inconclusive, consolide son être ou le détruit selon l’évolution de l’âme et sa capacité d’intégrer l’énergie de la mémoire dont est tissée sa conscience. Sa conscience amoureuse ne se limite pas simplement à l’amour comme tel, mais aussi aux incalculables mouvements dislocatoires qui s’impriment en elle quotidiennement, au cours de l’entièreté de son expérience. Seule l’expérience et la maturité qui en découle, peuvent faciliter l’intégration de ces énergies de souffrance, et élever son esprit au dessus des forces de l’âme qui cherchent à la rattacher à l’enfer de sa mémoire cultivée par le doute. Dans l’amour l’homme n’est pas disloqué continuellement, car il ne le vit pas essentiellement à partir de sa sensibilité intérieure. Pour lui,l’amour est un fait accompli ou il ne l’est pas, alors que pour la femme, il est un fait qui toujours doit s’accomplir. La femme doit se centrer sur elle-même, pour survivre à la rupture et en oublier les traces, sinon elle persistera à ressasser des mouvements de l’âme qui l’écarteront toujours davantage d’elle-même, de sorte qu’elle finira par regarder dans la glace fracassée de sa conscience, et n’y découvrira que le visage implacable de la déception. Impuissante à le faire disparaître, elle en subira l’illusion et trouvera difficile de se relancer de manière dégagée – mais cette fois sans candeur – dans l’amour, craignant une fois de plus l’affront et le désespoir.

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