La recherche ou l’attente pour le Prince charmant, est une manière de penser – ou de ne pas penser – des plus désastreuse pour la femme : Puisque qu’elle préconise chez l’homme, une grandeur d’âme dont il ne dispose pas, en général, sa grandeur d’âme habituelle se rapprochant davantage de la hauteur de la botte, en ce qui concerne le respect dû a la femme. Les sociétés, leurs mythes et leurs traditions, sont responsables de la pollution du mental chez les masses. Il suffit de regarder le cinéma pour s’en rendre compte ou d’écouter la musique enivrante qui remet en question le jugement, et pousse les jeunes ingénues sans identité dans les bras tentaculaires d’un amour aliéné et aliénant.
Il est dans 1’intérêt de la femme de savoir quand entrent en conflit la réalité et l’illusion, surtout en matière d’amour, où elle écoulera de manière incertaine la majorité de ses années les plus jeunes et les plus vulnérables. La jeune femme doit s’éduquer de manière à pouvoir identifier la nature possiblement irresponsable de l’homme avec lequel elle s’entretient, et à pouvoir s’en dégager avec le minimum de souffrance lorsqu’il appert être un mirage. L’illusion renforce davantage le besoin profond d’être liée avec une personne lui convenant et à laquelle elle convient de manière identique, lui assurant une qualité de vie relationnelle à la mesure de ses besoins et de sa réalité, surtout lorsqu’il s’agit de fonder une famille. La fondation éventuelle d’une famille est une chose, mais la réalisation des épreuves émotionnelles pouvant accompagner une telle entreprise – dans un temps où la société s’enivre de plus en plus de liberté – requiert de la jeune ingénue un support familial, amical ou éducationnel solide à l’aide duquel est peut accéder à une forme de psychologie défensive plutôt qu’offensive, lui permettant de se protéger contre un sentiment démesuré de l’amour.
Bien que le mythe du Prince charmant soit de plus en plus remis en question dans les sociétés engagées, il demeure accroché aux mœurs de la conscience féminine, si ce n’est qu’à travers les mouvements pièges de l’espoir. L’espoir est une attitude dont la femme doit se nourrir en petite quantité, car il s’agit pour elle de savoir que la vie est un champ de mines, il ne faut pas que l’espoir s’étende au-delà du raisonnable, car c’est elle qui en sera la victime. L’homme n’est pas le grand Être, le grand « Seigneur des anneaux ». Il a plutôt les anneaux dans le nez… Dans une société moderne, aliénée, disloquée de plus en plus, des grandes valeurs universelles de la conscience humaine, la femme a avantage à reconnaître que les projections de l’homme envers elle, sont souvent à la mesure de sa faiblesse et non de sa force. Elle doit prendre conscience que les persuasions sociales ont tendance à faire d’elle un objet, dont la perception ne peut être corrigée que par une conscience personnelle, renforcée par une intelligence individuée. Cette dernière peut la rescaper d’une manière de vivre et d’être, cherchant à l’engloutir, plutôt qu’à souligner sa grandeur d’être.
Croire en un Prince charmant, est la réflexion qu’une identité personnelle diminuerait, puisque le Prince représente symboliquement le pouvoir et la domination. Tant que la femme est susceptible de succomber à des idées aussi simplistes qu’irréelles, elle investit dans un avenir dont elle ne pourra s’assurer du destin. Les jeunes filles qui grandissent doivent être « mises au parfum » et enseignées au plus bas âge, que le Prince charmant est un mythe et que la dure réalité les invite à se protéger, plutôt que de se projeter comme des sardines dans le filet de l’amour. Les temps modernes apporteront de nouveaux défis à la femme et remplaceront les abus du passé par de nouvelles formes d’agressions contre sa personne. Par centre, elle disposera dans l’ère nouvelle, d’une psychologie sociale et personnelle plus dégagée.
Elle apprendra plus facilement, et verra sans difficulté, que l’homme est davantage un être abusif à son égard. Par contre, elle affichera plus que par le passé une volonté de puissance et verra plus facilement à travers le mythe.
Autant la rêverie du Prince charmant, avait par le passé réconforté sa solitude par l’espoir, autant dans l’ère moderne, libérée, elle saura se méfier et se protéger. Dans la mesure où la femme moderne ne bénéficiera pas d’une attitude détendue face à l’homme, elle se retrouvera dans un carrefour d’expériences difficiles, car son intelligence ne suivra pas les dictées de l’expérience. Mal formée et mal informée sur le plan psychologique, sa dépendance face à l’homme la désavantagera, compte tenu de l’absence d’éthique sociale, convenant à une société définie par des règles historiques. Dans une société libérée, l’homme et la femme se libéreront et les deux voudront une relation rééquilibrée, selon de nouvelles règles. La femme jouira d’une plus grande liberté sexuelle, mais cette dernière ne sera pas une défense contre ses sentiments profondément humains, que l’amour lui fait – en général – ressentir.

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