Synthèse
L’institutionnalisation est le mécanisme par lequel l’homme s’est nourri psychologiquement, spirituellement et moralement pendant des siècles, faute d’intelligence propre. Elle lui a servi de point d’ancrage émotionnel, de cadre mental et de support moral, en lui fournissant des formes auxquelles s’identifier pour exister. Religion, politique, idéologies, philosophies et structures sociales ont ainsi remplacé l’intelligence réelle de l’homme et se sont imposées comme des autorités intérieures.
Lorsque l’intelligence commence à descendre dans l’homme, l’institutionnalisation perd son pouvoir psychologique. Elle ne disparaît pas comme structure matérielle, mais elle cesse d’agir comme force de domination intérieure. L’homme n’est plus programmé par les formes : il les scrute, en extrait la valeur strictement matérielle et cesse d’en tirer une nourriture mentale, morale ou spirituelle. Il ne vit plus de la programmation sociale, il vit à côté d’elle, par intelligence.
Dans le passé, même les révolutions n’ont jamais libéré l’homme de l’institutionnalisation. Elles ont simplement remplacé une programmation par une autre. Les formes ont changé, mais l’essence est demeurée intacte, parce que l’homme n’avait pas accès à l’intelligence de la forme. Tant qu’il vit d’idées, d’espoir, de vérité et de mensonge, il demeure prisonnier du système qu’il croit combattre.
La libération réelle commence lorsque l’homme cesse de vivre de réciprocité, de valeurs collectives idéalisées et de sécurité psychologique. À ce stade, il entre dans un combat direct entre l’individu et l’homme social. Ce combat n’est ni politique ni idéologique : il est intérieur. Il force l’homme à développer les outils nécessaires pour neutraliser la pression émotionnelle et mentale de la forme sociale. Sans cette confrontation, l’intelligence ne peut pas se stabiliser.
Cette rupture entraîne inévitablement la solitude. Les liens fondés sur la convention, la réciprocité ou l’appartenance collective s’effondrent. L’homme découvre que ses relations antérieures n’étaient pas réelles, mais programmées. Cette solitude n’est pas un vide réel : elle est vécue parce que l’émotion et l’intellect ne peuvent plus se nourrir des produits de l’institutionnalisation. Elle devient cependant fertile, car elle ouvre l’accès à une intelligence autonome.
L’institutionnalisation repose fondamentalement sur la polarité vérité/mensonge. Tant que l’homme vit dans cette polarité, il participe à la progression historique sans jamais évoluer. L’espoir, présenté comme une vertu, maintient l’homme dans cette mécanique et l’oblige à reconstruire sans cesse de nouvelles formes institutionnelles. L’homme ne peut pas vivre d’espoir ; il ne peut vivre que d’intelligence.
L’homme de demain ne cherchera ni à réformer ni à détruire les institutions. Il les utilisera uniquement pour leurs bénéfices matériels — logement, nourriture, travail, vêtements — sans jamais leur confier son esprit. Son environnement ne sera plus social ou idéologique : il sera intérieur. C’est ainsi que l’institutionnalisation perdra son pouvoir, non par opposition, mais par désaffection intérieure.
Thèmes abordés
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Institutionnalisation de l’homme et intelligence supramentale
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Programmation sociale et absence d’intelligence
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Domination émotionnelle et mentale des formes
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Vérité, mensonge et pouvoir institutionnel
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Combat entre l’individu et l’homme social
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Révolution, progression et absence d’évolution
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Solitude de l’homme en voie de libération
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Réciprocité, valeurs collectives et appauvrissement intérieur
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Utilisation matérielle des structures sociales
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Fin de l’espoir et accès à l’intelligence pure
Cet article est en cours de relecture et de correction. Merci pour votre patience.
Conférence du 15 octobre 1981
… Alors je voudrais aujourd’hui, parler de, du phénomène d’institutionnalisation de l’homme. L’effet de l’institution sur l’homme, l’effet psychologique de l’institution sur l’homme, ce que comporte l’institution, son pouvoir, la relation que l’homme doit avoir avec ce qui est institutionnalisé, la liberté que l’homme doit avoir à l’intérieur de l’institutionnalisation, la puissance psychologique de l’institutionnalisation, le dépouillement psychologique qu’elle créée chez l’homme, et le serrement éventuel qu’elle impose sur l’individu à cause de ces valeurs et à cause du fait que l’homme tel qu’il était, est incapable de vivre psychologiquement sans qu’on lui donne quelque chose, dont il doit se nourrir pour s’exécuter en tant qu’être humain.
[commentaires inaudibles du public]
Pardon? Vous n’entendez pas là bas?
[commentaires inaudibles du public]
C’est pas assez fort. C’est tu assez fort là?
[commentaires inaudibles du public]
Si on regarde le phénomène de l’institutionnalisation d’un point de vue, du point de vue supramental, autrement dit du point de vue de l’intelligence, on s’aperçoit que l’institutionnalisation est une structure qui a servi l’homme dans le passé, elle a servi l’homme par le biais de la religion, de la politique, de l’histoire des livres, elle a servi l’homme car elle lui a donné un point de référence mondiale, planétaire pour qu’il puisse s’accrocher émotivement à une réalité qui dépendait de ses sens matériels, c’est-à-dire de sa conscience astrale. La venue de l’homme supramental, la descente de la conscience supramentale sur la planète, rendra l’institutionnalisation de l’homme impuissante.
Non pas dans le sens qu’elle déduira l’institutionnalisation, le phénomène lui-même, mais dans le sens qu’elle créera une séparation très nette sur le plan psychologique puis sur le plan émotionnel et sur le plan mental, y a t-il trop de feed-back[1] dans vos oreilles là-bas, non? oui? Mais dans ce sens que, l’individu deviendra maître de ce qu’il veut bien prendre de l’institutionnalisation, au lieu de se voir imposer, au lieu de dire institutionnalisation là pour le reste de l’après-midi, parce que je me fourche la langue, je vais employer un autre mot, je sais pas lequel, en tout cas il va venir, au lieu de se voir imposer une programmation sociale, mécanique, l’homme va pouvoir vivre de son intelligence, c’est-à-dire voir la valeur pragmatique de la programmation, c’est à dire voir la valeur matérielle de la programmation.
Et quand je dis, voir la valeur matérielle de la programmation, je veux dire voir la valeur matérielle de la programmation, je vais m’expliquer parce que ce point ci est important. Dans le passé, l’homme vivait spirituellement et psychologiquement et moralement de la programmation. L’homme supramental ne peut pas vivre spirituellement de la programmation parce qu’il détruit les formes de la spiritualité et il ne peut pas vivre psychologiquement la programmation parce que sa psychologie est plus haute est plus évoluée et elle est plus universelle, et il ne peut pas vivre moralement de la programmation parce qu’il n’est plus lié psychologiquement et philosophiquement à la forme que lui imposait la programmation.
De sorte que l’homme supramental, l’homme de demain, sera au-dessus de la programmation sociale, mais respectera la programmation sociale dans ce sens que celle-ci lui apportera sur le plan matériel, des bénéfices, quelconque, pour la survie de son corps matériel seulement, et non pour la survie de son esprit. Mais pour que l’homme puisse vivre, puisse sortir de la programmation sociale, il est obligé de vivre de son intelligence pure, ce qui a fait que l’homme a vécu de la programmation sociale, c’est qu’il n’avait pas d’intelligence, de sorte qu’il vivait de l’intuition intelligente de ceux des penseurs, de ceux qui ont créé l’organisation sociale, la programmation sociale.
Et son intelligence étant trop faible parce qu’il était lié émotivement et mentalement par une psychologie et philosophie ou de religion, ou un système quelconque, il ne pouvait pas se libérer de la programmation sociale, et si, dans un moment quelconque de son expérience, il se libérait de sa, de la programmation sociale, il sentait sur lui le poids de la culpabilité et souffrait de sa culpabilité pendant des années. Surtout ceux qui ont réussi à rompre les chaînons de la programmation sociale jusqu’à un certain point, ce qu’on appelle les, les grands révolutionnaires du, du passé, du dix neuvième, du dix huitième siècles, ces gens-là qui ont établi un ordre nouveau ces gens-là avaient déjà une force, mais en revenant, ils établissaient une autre programmation sociale.
Dans le passé, les mouvements révolutionnaires, les mouvements socialisant, les mouvements qui ont restructuré l’histoire de l’homme, ont toujours réimposé une autre volonté sociale, autrement dit une autre forme de programmation, de sorte que l’homme a avancé, c’est-à-dire qu’il s’est produit dans sa société une progression, dans ce sens que les formes ont changé, mais l’essence à l’intérieur de la forme n’a jamais été touchée parce que l’homme n’a jamais eu l’intelligence de la forme, l’homme n’a jamais était capable de suivre l’acheminement de sa propre intelligence à travers la forme, pour s’assurer le bénéfice de la forme, non pas pour le bénéfice social, mais pour son bénéfice personnel.
Alors pour que l’homme en arrive à vivre, à être en dehors de la programmation sociale, c’est-à-dire de, de se servir de son intelligence pour scruter la programmation sociale, il lui faut être totalement fondé sur lui-même, il ne peut pas être fondé sur un élément extérieur à lui-même. Mais ceci n’est pas facile, parce que l’homme possède énormément d’émotions et la programmation sociale se sert, inconsciemment, de l’émotion pour créer sa puissance et pour former un lien entre elle qui est le pouvoir et l’individu qui doit soutenir le pouvoir. Dans le domaine des idées, c’est là que la programmation sociale est la plus puissante et c’est dans le domaine des idées que seul l’homme supramental peut se libérer.
Parce que l’homme supramental ne pense plus selon la programmation sociale, il communique avec son intelligence, et en retire des aspects et de ces aspects, il éclaire sa relation avec la programmation sociale, lui permettant à cette programmation sociale de lui fournir les matériaux de base, les matériaux, matériels nécessaires, à la constitution sur le plan matériel d’une structure qui lui permet de vivre, c’est à dire de manger, de se nourrir, d’avoir un toit et un travail. Un homme qui ne comprend pas la programmation sociale de par son intelligence, colorera un de ces aspects vital de l’homme, et automatiquement souffrira de cette coloration, parce que son toit, la nature de son toit sera dominé, coloré par une des variantes de la programmation sociale.
Même sa nourriture sera affectée par une des variantes de la programmation sociale, par exemple les gens qui sont accrochés au végétarianisme, son travail sera aussi de très près, coloré par la programmation sociale si il est ingénieur ou si il est spécialiste dans un certain domaine et s’il n’est pas dans son intelligence suffisamment avancée pour réaliser que ce n’est pas la nature du travail qui est important, mais le travail, que ce n’est pas le statut social du travail qui est important, mais le travail, que ce n’est pas la couleur psychologique du travail qui compte, mais le fruit du travail, c’est à dire l’argent que le travail lui rapporte, parce que sa créativité, éventuellement, est déplacée.
C’est à dire que sa créativité n’existe plus sur le plan de la programmation sociale ou sa créativité n’existe plus pour renforcir la programmation sociale, parce qu’il n’est plus, il ne fait plus partie de la programmation sociale, de sorte que sa créativité à l’homme, devient une créativité totalement individuelle et elle se rapporte simplement à des individus et non plus à une collectivité. Et il en est de même pour tous les éléments essentiels de la vie de l’homme, un homme qui va vers le supramental qui entre dans l’intelligence supramental, n’a que quatre éléments de bases qu’il doit cintrer, qu’il doit équilibrer d’une façon parfaite, la nourriture, la maison, le travail et le vêtement.
Mais tous ces éléments, tous ces paramètres existentiels de fonds de la conscience de l’homme dans le passé, étaient colorés par la programmation sociale, dans le vêtement, les femmes suivaient les modes, dans le loyer l’homme était toujours forcé de prendre un loyer en relation avec sa position, dans le travail il était forcé de maintenir un statut social pour plaire à la belle mère, et dans la nourriture souvent il faisait, des divagations. Alors pour que l’homme se libère de l’institutionnalisation, c’est-à-dire du pouvoir de la forme sociale conditionné par l’histoire, conditionné par le temps présent, il est obligé et il n’a pas d’autre issue que de vivre de sa propre intelligence.
Mais dans le début de cette expression de l’individualité de l’homme, dans le début de l’expression de l’intelligence de l’homme, il se produit un phénomène que seul cet homme peut comprendre et c’est le phénomène du combat entre l’individu et l’homme social. Un homme qui va vers le supramental vers la conscience heu, supramentale est obligé, il n’a pas de choix car à un moment donné, il sera forcé d’entrer en collusion avec la forme sociale.
Et tant qu’il n’aura pas vécu le combat, c’est-à-dire tant qu’il n’aura pas vécu la coertion, tant qu’il n’aura pas sentie la coertion, tant qu’il n’aura pas senti l’imposition tant qu’il n’aura pas senti la volonté, tant qu’il n’aura pas senti la pression sociale et qu’il n’aura pas développer les outils personnel, essentiels à la neutralisation de cette force, il ne pourra pas vivre en tant qu’individu et il ne pourra pas exploiter parfaitement son intelligence parce que son émotivité, son émotion, sera contaminée, contrôlée, affectée par la forme sociale, autrement dit le phénomène de l’institutionnalisation.
Autant l’institutionnalisation a fait partie de l’évolution historique de l’humanité dans le passé, autant elle a coloré tous les aspects de l’involution, autant elle a donné à différentes nations, à différents peuples, leurs valeurs naturelles autochtones, autant demain lorsque l’individu vivra de l’intelligence, de son intelligence, de l’intelligence universelle, autant cette, institutionnalisation, perdra son pouvoir sur l’homme. Mais contrairement aux mouvements historiques où l’individu qui sentait en lui une poussée qui relevait d’une certaine identité avec lui même, qui le rendait éventuellement, révolutionnaire, politique dans le cas, ou révolutionnaire spirituel ou révolutionnaire philosophique, autant l’homme de demain ne sera pas, ne fera pas partie, ou n’épousera pas cette action.
Parce que cette action n’est pas une action sociale, elle est une action totalement individuelle, personnelle. Le phénomène de l’institutionnalisation est tellement vaste, il est tellement grand que l’homme, de par son esprit, de par ses idées, de par ses pensées, de par sa psychologie subjective est totalement impuissant devant elle, ou devant lui. Totalement impuissant. Et il ne peut pas réaliser la puissance de l’institutionnalisation tant qu’il n’a pas réalisé d’abord, la germination en lui de son intelligence et qu’il n’a pas scruté de par cette intelligence, les formes dans lequel il vit ou envers lesquels il a un respect social, presque religieux.
Ce qui découle de la réalisation du phénomène d’institutionnalisation chez l’homme, c’est la solitude. L’homme qui commence à réaliser le pouvoir de de l’institutionnalisation et qui commence à en comprendre les mécanismes et qui commence à en réaliser les formes et qui commencent à se libérer de ces formes, s’aperçoit que tous les amis qu’il avait auparavant, que cette petite société qui faisait partie de ces amitiés particulières, s’effondre. Que les liens qu’il avait avec d’autres pendant des années de temps ne sont plus parce que il s’aperçoit que ces liens n’étaient pas réels, c’était des liens purement conventionnels qui contenaient une certain, un certain caractère de réciprocité.
Et il s’aperçoit qu’il vivait réellement de réciprocité, lorsqu’en fait l’homme ne doit pas vivre de réciprocité, mais simplement de créativité qui devient automatiquement réciproque lorsqu’elle est conscientisée et lorsqu’elle provient d’un mental supérieur qui s’occupe de l’évolution matérielle, psychologique et intelligente de l’homme sur le plan matériel. On a pas fait d’études, on n’a pas essayé de comprendre le phénomène de réciprocité, on n’a pas essayé de comprendre la puissance inerte de ce phénomène et on n’a pas réalisé que dans le phénomène de réciprocité, il y a un, il y a un aspect de domination, parce que l’intellect, les idées, pardon, les formes philosophiques servent toujours à appauvrir l’individu, au profit d’une collectivité.
Autrement dit au profit d’une société et l’homme a été éduqué depuis sa tendre enfance, depuis le stage tribal à vivre pour la tribu qui est devenue éventuellement, la ville citée, qui est devenu éventuellement la nation. Et je me rappelle il y a quelques années, lorsque Kennedy parlait au peuple américain il disait, do not ask what your country can do for you, but what you can do for your country[2]. Je ne mets pas en question, la grandeur de l’homme je mets en question la philosophie de l’homme d’état.
Et l’individu qui fait partie, qui vit, qui se nourrit de l’institutionnalisation des formes, qui n’a pas accès à son intelligence, qui se nourrit émotivement de la forme, afin de partager avec les autres millions d’individus, une sorte de sécurité nationale, ne peut pas reconnaître en lui même la grandeur de son être et exploiter à l’intérieur de la société institutionnalisée, les aspects qui peuvent lui permettre de vivre une vie matérielle confortable, sans que ce soit au profit d’une vie intérieure appauvrie. Mais on ne comprend pas la nature de la réciprocité, parce que la réciprocité s’est développée au cours des siècles, et elle a été idéalisée par les philosophes, elle a été, elle est devenue sacrée lorsqu’elle est passée dans les mains des théologiens et elle est devenue un trône pour les êtres spirituels.
Parce que l’on dit, l’on l’on disait à l’homme, si tu donnes tu recevras, c’est vrai, si tu donnes, tu recevras, c’est vrai. Mais si tu donnes, tu ne dois pas être forcé de donner, tu dois donner quand c’est le temps, tu dois donner, si tu veux, tu dois donner si tu peux, sans que les formes de la programmation sociale te créer un packlash[3] dans l’esprit et te rendre coupable de ne pas le faire si tu n’en as pas les moyens. Mais l’homme était tellement enraciné dans la programmation sociale que lorsque, que lorsque, que lorsque, que lorsque, que lorsque, Hum, les niaiseux, [rires du public] Hum, Hum, c’est dur avoir la paix avec eux autres, là j’ai tout perdu le fil, qu’est-ce que j’avais dit?
[commentaires inaudibles du public]
Le phénomène d’institutionnalisation c’est un phénomène mondial et l’être supramental doit un jour, voir le phénomène, doit le comprendre le phénomène, essentiellement, c’est-à-dire que l’être supramental doit être capable de vivre à l’intérieur du phénomène et ne jamais être imposé la volonté du phénomène, et il découle de ceci le combat et de ce combat, l’intelligence de l’être supramental grandi, l’être supramental éventuellement, ne vit que de l’intelligence, il ne peut pas vivre d’autres choses que de l’intelligence parce que l’intelligence est devenue la synthèse de ses émotions et de son intellect.
Et lorsque l’être supramental réalise, vit la synthèse de l’émotion et de l’intellect, il se produit une coupure radicale entre son état d’esprit et l’état d’esprit collectif, et il se voit automatiquement appauvri dans son pouvoir d’être nourri par la programmation, et c’est ceci qui crée en lui la grande solitude, c’est celle-ci qui crée en lui cette sorte de tristesse astrale émotive, c’est ceci qui semble lui enlever la joie de vivre, c’est ceci qui semble lui enlever la capacité d’être heureux, c’est ceci qui semble lui enlever la capacité d’être idéaliste, c’est ceci qui lui enlève la capacité d’être enthousiaste.
Autrement dit, c’est ceci qui lui enlève les vêtements qui couvraient le corps de l’homme de la 5e race pour se retrouver nu, devant rien, c’est-à-dire totalement face à son intelligence, totalement en relation avec son intelligence et totalement en contrôle de sa propre vie. Et quand je dis totalement en contrôle de sa propre vie, je parle sur le plan émotionnel, sur le plan de l’intellect,sur le plan de la
matière. L’institutionnalisation est vécue chez l’homme d’une façon subliminale, l’homme ne s’en rend pas compte et l’homme ne peut pas se rendre compte de l’institutionnalisation simplement par le biais du spectrum de ses idées.
On s’aperçoit et on connaît ce phénomène, les, les jeunes hippies des années soixante ont réagi à l’institutionnalisation, mais ils en ont formé une autre, plus faible, moins puissante, qui n’avait pas le pouvoir de les retenir pendant de longues années, ce qui les forçait éventuellement, à retourner à la société. Ce n’est pas par les idées que l’homme peut comprendre le phénomène de l’institutionnalisation, c’est par la vibration du supramental en lui, c’est-à-dire par la vibration de l’intelligence en lui, c’est pourquoi la société humaine a progressé pendant des siècles, mais n’a jamais évolué.
On a glorifié les héros de l’histoire, on a donné les lauriers au César, au Napoléon, on a donné, des prix de toutes sortes, aux hommes qui se sont distingués dans la cause de l’humanité mais on n’a jamais mesuré le rythme de cette progression et on n’a jamais réalisé que cette progression mène éventuellement à un cul-de-sac. On a senti que la progression sociale mène à un cul-de-sac, on l’a senti émotivement, on l’a senti par les guerres. Mais on ne l’a pas réalisé parce que, l’émotivité de l’homme et l’intellect de l’homme a toujours produit l’espoir dans l’homme. Et tant que l’homme vivra d’espoir, il sera forcé de reconstruire une autre institutionnalisation afin de continuer le même rythme de progression qu’il a connu par le passé.
L’homme ne peut pas vivre d’espoir, l’homme ne peut vivre que d’intelligence et un homme qui vit d’espoir est un homme qui vit pauvrement. Parce que l’espoir fait partie de l’institutionnalisation, comme l’espérance fait partie de l’institutionnalisation, comme toutes les valeurs qui ont été données à l’homme pour enrichir sa solitude, mais appauvrir sa volonté. Scruter l’institutionnalisation dans la vie moderne, ne relève pas du domaine de l’intellect, ne relève pas du domaine de l’instruction ou de l’éducation philosophique ou spirituelle ou religieuse ou métaphysique, ça relève de l’intelligence pure. Et les hommes ne peuvent accroître leur intelligence pure, que s’ils scrutent de plus en plus ce phénomène mondial et apprennent petit à petit à s’en libérer.
L’intelligence pure est une énergie permanente qui existe dans les éthers, mais c’est une énergie qui ne peut pénétrer dans l’homme lorsque ses émotions et son intellect sont galvanisés par des formes qui lui donnent une sécurité sociale, mais qui lui enlèvent la grande sécurité interne de sa propre vie, c’est-à-dire son intelligence du réel et sa compréhension parfaite des lois de l’évolution, des lois de l’homme, des lois de la vie, des lois du réel concernant la vérité et le mensonge pour l’amener éventuellement à sortir de la sécurité que donne à l’homme la liaison entre la vérité et le mensonge pour qu’il puisse vivre simplement d’intelligence.
Un homme qui doit vivre de vérité, et de mensonge n’est pas dans l’intelligence pure. L’institutionnalisation de l’homme est fondée sur la polarité de la vérité et du mensonge, la vérité, le mensonge, nous la retrouvons dans la religion, nous la retrouvons dans l’exposé de dieu et du diable, nous la retrouvons dans la politique, dans l’opposition des partis politiques et nous la retrouvons dans la vie de tous les jours, dans les conflits entre les hommes à cause des opinions qui sont fondées à leur tour sur la vérité et le mensonge, autrement dit, l’institutionnalisation de l’homme est l’expression même dans la vie, dans la vie de l’homme, de la vérité et du mensonge.
Et si la vérité prime heureusement pendant des siècles, nous avons la floraison d’une civilisation, nous avons le développement des grandes cathédrales, nous avons la révolution française, nous avons Diderot, nous avons Platon, nous avons Socrate, Hippocrate, Archimède. Et si le mensonge triomphe nous avons Hitler, nous avons Kadhafi, nous avons Khomeiny et nous avons beaucoup d’autres hommes qui sont parmi nous, à tous les jours et qui exploitent la doctrine du mensonge ou de la vérité pour leur compte personnel et tout ceci fait partie de l’institutionnalisation de l’homme.
Et lorsque cette institutionnalisation de l’homme est galvanisée à une très haute échelle et qu’elle est maintenue en force par les armes, nous avons le communisme russe. L’homme ne peut pas se permettre d’être institutionnalisé, mais il y a un écart énorme entre l’homme conscient et l’homme inconscient et il y a un écart énorme entre l’homme supramental de la sixième race et l’homme mental de la cinquième c’est que l’homme supramental de la sixième race, l’homme de demain, va vers un plan de vibration, vers un monde parallèle, de sorte que l’homme de demain ne vivra plus d’institutionnalisation, même lorsqu’il aura créé une civilisation neuve.
Parce que l’homme de demain ne vivra plus d’idées mais vivra simplement de l’énergie créative en lui, mais dans la période de transition entre l’homme de la cinquième et la sixième race il y a le conflit, il y a la réalisation du conflit et il y a le développement de cette sensibilité, supramentale ou sur-mentale, qui fait que l’homme commence à voir de plus en plus toutes les structures de l’institutionnalisation et avec son intelligence, apprend à se servir de ces structures pour le bénéfice de sa vie matérielle, mais jamais pour le bénéfice de sa vie psychologique spirituelle ou mentale supérieure, de là, la solitude de l’homme de demain, mais solitude fertile.
Parce que cette solitude, elle est fondée sur quelque chose qui n’est pas de l’homme mais qui est au-dessus de lui, solitude temporaire jusqu’au jour où l’homme est suffisamment rempli de ce quelque chose d’autre, solitude essentielle pour qu’il puisse sentir la rupture des cordons ombilicaux avec toutes les mères qui ont donné naissance à toutes les formes, qui ont créé le phénomène de l’institutionnalisation. Et évidemment, ce n’est pas facile, évidemment ce n’est pas facile et ça ne peut pas être facile parce que la séparation ou la division entre le réel et l’irréel, entre l’interne et l’externe, impose à l’homme de se couper de ce qui l’a nourri pendant des siècles.
De l’oasis plastifié, il est obligé de vivre temporairement dans le désert sec et aride de son intelligence, où il perçoit de temps à autre, le mirage de l’avenir vers lequel il va, mirage qui est pour lui une fabrication temporaire de son astralité, pour lui donner le courage d’avancer dans le désert sec et aride, avec l’illusion temporaire que là-bas dans le mirage, qui pour lui est temporairement réel, mais dont il ne connaît pas les lois, l’illusion que dans cette, ce mirage, il y a une eau qui puisse le nourrir, mais ce n’est que lorsqu’il sera avancé dans le désert qu’il réalisera que le mirage qu’il voyait est réel, mais qu’il n’est pas ce qu’il croit qu’il était.
Autrement dit, l’intelligence est forcée de donner à l’homme un peu de soutien pendant qu’il vit cette solitude, cette grande solitude qui dure des années et des années et des années, et qui s’approfondit et qui devient éventuellement rempli parce que l’homme dans le fond, n’est jamais seul, il craint d’être seul et de la solitude, la solitude de l’homme vient de sa crainte d’être seul, la solitude ça n’existe pas, c’est le produit fabriqué selon les lois de ses émotions et de son esprit, la solitude ça n’existe pas. Mais lorsque l’homme sort de l’institutionnalisation il la vit cette solitude, même si elle n’existe pas.
Mais il la vit parce que, ce qui lui donne naissance c’est ses émotions et son intellect qui, de plus en plus ne peuvent plus se nourrir des produits atrophiés de l’institutionnalisation. Si l’on voit la naissance de l’homme, si l’on voit l’évolution de l’homme comme une naissance, il est évident que l’homme qui est en essence n’a pas l’expérience, de sa conscience, et l’homme qui va vers le supramental n’a pas l’expérience de sa conscience supramentale, parce que sa conscience supplémentaire n’est pas parfaite, elle est en germe, en état de germe et n’étant pas parfaite elle ne peut lui donner le support dont elle a la puissance.
De là, les rechutes de là, le regard de Loth, vers la cité qui brûle, de là le regard de l’homme vers l’institutionnalisation, de là son inquiétude de perdre quelque chose qu’il n’a jamais eu parce qu’on lui a simplement prêté, parce que à l’intérieur de l’institutionnalisation, il y a un barreau, il y a un maître du barreau et comme disent les initiés, il y a le bâton du pouvoir et le bâton du pouvoir c’est le droit, le droit. Mais qui donne à l’homme le droit? L’homme. Mais l’homme n’a pas de droit parce que l’homme n’a pas de puissance, alors d’où l’homme prend il le droit? Il prend le droit de l’acquiescement collectif de tous les hommes inconscients, permettant l’institutionnalisation d’imposer ses formes sur l’esprit de l’homme.
L’homme est son propre bourreau, par un truchement extrêmement complexe et subtil de la légalité qui est la veine, le système de veines par lequel le sang du corps social monte à la tête et la tête, c’est le pouvoir. Mais l’homme réalise pas que le pouvoir est fait de l’acquiescement de tous les hommes et l’homme a fait l’erreur dans le passé, erreur temporaire et erreur historique, erreur idéaliste, erreur artistique, erreur politique, erreur de conscience, erreur de croire que l’homme pouvait changer l’homme en changeant la société, c’est une impossibilité, les initiés l’ont crié dans les déserts depuis des siècles.
L’homme ne peut se changer que par lui-même et la société ne peut devenir autre, elle ne peut devenir vitale, elle ne peut devenir désinstitutionnalisée, lorsque, lorsque l’homme est lui-même libre de l’institutionnalisation. Que nous voulions reconnaître le droit c’est normal, que l’homme vive à l’intérieur du droit c’est normal, que l’homme respecte le droit social c’est normal, que l’homme respecte les lois de l’institutionnalisation, ses formes, c’est normal, parce que ces lois ces structures font partie de l’ordre social et l’homme a plus de chances de vivre bien dans un ordre social, que dans un chaos social.
Alors c’est à l’avantage de l’homme de maintenir le droit social, de maintenir l’ordre social, mais c’est à l’avantage du surhomme d’en comprendre les limites, afin qu’ils puissent bénéficier de l’ordre social sur le plan matériel. Demain ce ne sera plus une question pour l’homme de savoir s’il appartient à une collectivité ou non, cette question ne vient, ne lui viendra même plus à l’esprit parce qu’il ne pourra même plus penser cette question. Les animaux ont leur environnement, les plantes ont leur environnement, les minéraux ont leur environnement, l’homme inconscient a son environnement et l’homme supramental a son environnement.
Tous les paliers de l’évolution possèdent leur environnement et l’environnement de l’homme supramental c’est dans sa tête, et autant l’homme social qui possède son environnement, vit du royaume animal, comme le royaume animal vit du royaume de la plante, comme le royaume de la plante vit du royaume minéral, autant l’homme supramental peut vivre de l’environnement créé par l’homme inconscient de la cinquième race, pendant qu’il est sur le plan matériel.
Il n’y a rien de décousu entre la conscience supramentale et les avantages qu’a crée le royaume antécédent, ce n’est que par la fausse spiritualité et l’inversion de la réalité, que l’homme s’imagine qu’en entrant dans le supramental, il doit se déculotter, se mettre un linge blanc autour des fesses et s’asseoir le cul dans le désert brûlant de la vie. C’est important pour l’homme qui va vers le supramental, de comprendre que le supramental c’est un autre dimension de vie, c’est un autre état de vie, c’est un autre intelligence de vie, mais qui doit, comme le phénomène télescopique, encadrer la phase antérieure comme celle-ci encadre celle qui vient avant et ainsi de suite.
Parce que les royaumes de la vie sur une planète doivent être maintenus en vie, jusqu’à temps que ce royaume soit détruit par les forces qui dirigent l’évolution. Et les forces qui dirigent l’évolution n’ont aucun intérêt à détruire les royaumes qui ont été construits pendant un certain temps parce que, tout s’enchaîne, le minéral est nécessaire à la plante, la plante à l’animal, l’animal à l’homme, l’homme ou surhomme, et le surhomme à l’être supramental supérieur de demain, l’homme esprit de la septième race alors tout s’enchaîne, les principes sont en relation parfaite les uns avec les autres.
Ce sont les idées des hommes, institutionnalisés qui vivent d’une forme, qu’ils veulent rejeter pour une cause psychologique, historique, idéaliste, politique ou quoi que ce soit, une cause purement temporaire, une cause purement transitoire qui n’a rien à faire avec l’évolution de l’humanité, mais n’a qu’à faire qu’avec la progression de l’homme de la cinquième race. Alors l’homme qui vient est obligé, et il sera forcé par l’intelligence, il sera forcé par l’expérience nouvelle de la vie intelligente en lui, de réaliser que ce qui vient après, surplombe ce qui était avant, mais en est totalement indépendant en esprit, mais en est parfaitement lié dans la matière.


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