Synthèse
L’homme est prisonnier de la forme tant qu’il vit de l’institutionnalisation. Cette dépendance ne se limite pas aux structures sociales visibles : elle s’est déplacée vers des formes plus subtiles, notamment la spiritualité. La spiritualité apparaît lorsque l’homme commence à sortir de la programmation sociale sans encore disposer de l’intelligence nécessaire pour vivre librement dans la forme. Elle n’est pas une élévation : elle est un sentiment d’insécurité né de la perte des anciens supports psychologiques.
L’institutionnalisation a toujours fonctionné par réciprocité. Elle lie l’homme à la forme en lui donnant de quoi survivre matériellement, en échange de sa soumission mentale, émotionnelle et morale. Cette mécanique s’est raffinée au fil des siècles, passant du religieux au politique, puis au spirituel, sans jamais perdre son pouvoir de domination intérieure. Même l’amour, la charité, la morale et les vertus ont été institutionnalisés, devenant des outils d’aliénation plutôt que des expressions libres de l’intelligence.
Lorsque l’intelligence commence à descendre dans l’homme, elle détruit cette réciprocité psychologique. L’homme cesse de donner par culpabilité, par devoir ou par idéal. Il donne, aide ou se retire uniquement selon une mesure dictée par l’intelligence. Cette réciprocité devient vibratoire, non émotionnelle. Elle n’affaiblit plus l’autre par excès, ni soi-même par sacrifice.
La spiritualité naît précisément du conflit entre l’intelligence émergente et les anciennes formes. Elle est une réaction psychologique à la perte de sécurité intérieure. L’homme spirituel cherche encore une structure, une morale, un idéal ou un dieu pour compenser l’effondrement de la programmation antérieure. En ce sens, la spiritualité n’est pas une libération, mais une transition instable, marquée par l’insécurité émotionnelle et la diminution de la volonté.
L’intelligence, elle, ne rassure pas : elle stabilise. Elle n’appartient pas à l’homme et ne peut être contrôlée par lui. Lorsqu’elle s’installe, elle permet à l’homme d’utiliser les formes — argent, travail, société, institutions — sans en être dominé. L’homme ne rejette pas la matière, il cesse simplement d’en être psychologiquement dépendant.
L’amour institutionnalisé constitue l’un des derniers pièges. Patriotisme, nationalisme, devoir social ou spirituel sont des formes d’amour imposées par la collectivité. L’homme conscient n’en a plus besoin. Il ne donne plus de l’amour : il transmet de l’intelligence et de la patience. L’autre traduira cette intelligence selon son propre niveau de conscience et y verra ce qu’il peut y voir.
À mesure que l’homme sort de l’institutionnalisation, il vit une grande solitude. Cette solitude n’est pas réelle en soi, mais elle est vécue parce que l’émotion et l’intellect ne trouvent plus de nourriture. Elle devient cependant un passage nécessaire, fertile, jusqu’à ce que l’intelligence prenne entièrement la place des anciens supports.
La compréhension elle-même devient transitoire. Ce que l’homme croit comprendre aujourd’hui sera défait demain. L’intelligence est dynamique, sans miroir, sans mesure, sans qualification possible. L’homme ne peut pas se prendre au sérieux : il est un point de passage entre l’origine et la fin, toutes deux contenues dans l’intelligence. La spiritualité disparaît alors, non parce qu’elle est combattue, mais parce que l’insécurité qui la faisait naître n’existe plus.
Thèmes abordés
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Spiritualité et insécurité intérieure
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Institutionnalisation et réciprocité psychologique
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Intelligence comme pouvoir non contrôlable
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Désinstitutionnalisation de l’amour
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Réciprocité vibratoire versus réciprocité émotionnelle
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Spiritualité comme phase transitoire instable
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Solitude de l’homme en mutation
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Intelligence, volonté et patience
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Fin de la culpabilité et du devoir moral
Cet article est en cours de relecture et de correction. Merci pour votre patience.
Conférence du 15 octobre 1981
… du package deal[1] de la vie c’est le vêtement, le travail, la nourriture et le toit, tout reviendra à ça parce que tant que l’homme sera pas dans le monde parallèle il sera obligé d’exploiter sur le plan matériel, les possibilités que lui ont donné l’évolution antérieure pour qu’il puisse se reposer de la lutte. Parce que l’homme de demain l’homme supramental luttera pendant des années avec la forme en lui-même qui lui a été imposée par l’institutionnalisation qui sera de plus en plus scrutée par l’intelligence qui entre en lui.
Et après nombre d’années, cet homme devient faible il deviendra fatigué dans l’émotion dans le mental inférieur dans le physique qui deviendra fatigué. Et lorsque l’homme est fatigué il a besoin d’un toit d’un vêtement de la nourriture et de cette espèce sonnante[2] dans la poche.
Nous vivons d’une vaste impression collective nous vivons d’une vaste impression que nous sommes liés à la terre, que l’homme est lié à la terre et effectivement l’impression elle est juste nous sommes liés à la terre. Mais viendra le jour où certains hommes ne seront plus liés à la terre et ce sont ces hommes qui comprendront le plus ce que je dis lorsque je parle de l’institutionnalisation des formes et de l’imposition de cette volonté extérieure à lui-même qui enlève en lui la puissance de sa volonté qui diminue le wattage[3] de sa propre lumière et qui diminue sa capacité d’être bien dans sa peau.
Le phénomène de réciprocité qui est le ciment de l’institutionnalisation, le maître qui lie l’esclave à lui-même parce que il lui donne du travail et il lui donne la bouillotte à la fin de la journée, le propriétaire qui a la puissance de la finance et qui alloue aux paysans de cultiver ses terres pour une pitance, l’industrialiste qui contrôle le financement de ses activités au profit d’une masse de travailleurs appauvris par une condition qui n’est pas encore stabilisée, l’Angleterre du dis neuvième siècle. Le marketing, l’idéologie de masse du vingtième siècle qui instruit l’homme dans sa façon de penser pour qu’il y ait coordination sur le plan social des grandes vues des monopoles, des grandes vues de ceux qui politicisent la réalité et qui donnent à cette réalité une impuissance totale.
L’homme ne peut pas vivre de ceci mais ceci faisait partie de l’institutionnalisation et demain l’homme ne pourra plus vivre de l’institutionnalisation mais le bloc d’où il sera sorti ne sera pas pour le moindre affecté par sa défection. Parce que sa défection ne sera pas sociale ou antisociale ou révolutionnaire elle sera totalement interne et le produit de son intelligence et l’épanouissement de son intelligence et la perfection de son intelligence et l’accroissement de cette perfection jusqu’à un point tel où l’homme pourra avec grande habileté, grande agilité, ce servir des formes de l’institutionnalisation pour son profit personnel mais jamais à l’encontre de l’homme son frère. C’est ça de l’intelligence.
Et n’oubliez pas l’intelligence dont je parle c’est un pouvoir, c’est le pouvoir dans l’homme et l’homme n’a aucun pouvoir sur elle, aucun, l’homme n’a aucun pouvoir sur son intelligent parce qu’elle ne lui appartient pas, elle fait partie de lui et lorsque l’homme semble avoir le pouvoir sur son intelligence ou veut dicter qu’il a le pouvoir sur son intelligence il s’apercevra demain qu’il n’a pas de pouvoir sur son intelligence parce que l’homme ne peut pas vivre dans l’intelligence avec l’orgueil, l’homme ne peut vivre dans l’intelligence que dans la conscience parfaite de sa relation éternelle avec elle puisqu’elle ne lui appartient pas.
Mais lorsqu’elle descend en lui, lorsqu’elle lui donne sa puissance elle est tellement parfaite qu’il peut avec grande facilité se servir sur la table de l’institutionnalisation et prendre sur cette table les mets qui lui plaisent et non les mets qu’on lui impose. Le phénomène de réciprocité, le concept moral vertueux de la réciprocité c’est un concept d’aliénation. Et ceux qui ont osé auparavant parler contre la réciprocité n’ont pas été entendus, ils n’ont pas nécessairement été détruits mais ils n’ont pas été entendus, Stirner dix neuvième siècle est un exemple parfait. Probablement un des seuls hommes au dix-neuvième siècle, un des seuls esprits philosophiques au dix neuvième siècle et je ne parle pas d’esprit occulte.
Parce que les esprits occupent les esprits spirituels, les esprits philosophiques spirituels ont changé, ont transmuté le phénomène de réciprocité sociale pour le phénomène de réciprocité spirituelle, c’est la même merde que vous soyez lié au diable ou à dieu vous êtes liés pareil. L’homme ne doit pas être lié, à rien, alors être esclave du diable ou être esclave de dieu c’est être esclave. Mais on aime, on aime mieux être esclave de dieu que du diable c’est normal c’est plus confortable oui je suis d’accord avec vous. Mais je ne peux être d’accord avec l’homme que dans la mesure où il peut comprendre ce que je dis.
Je ne demande pas que l’homme comprenne tout ce que je dis, demain il comprendra, il comprendra par lui-même ce que je dis parce que ce que je dis ne m’appartient pas ça appartient à tous les hommes et lorsqu’il comprendra ce que je dis ou ce que j’ai dit, à ce moment-là il n’y aura plus de problème parce que il sera dans son intelligence et il aura mis le diable au rencart et dieu aussi, et ça fait mal de mettre dieu au rencart parce que dieu aussi a été institutionnalisé, il fait partie de l’institutionnalisation comme le diable. Vous n’avez qu’à aller dans les pays arabiques et vous verrez le pouvoir d’Allah.
Si Allah dit il faut te trancher la tête parce que t’as volé un pain, parce que le peuple, le peuple crève puis t’as pas une cenne[4], Allah dit faut que tu te fasses trancher la tête, tu te mets la tête sur le bois puis tu te fais trancher la tête c’est la volonté d’Allah mais qu’est-ce qui dit qu’Allah l’a ? Peut-être qu’il l’a pas. Mais on pense qu’il l’a parce que on n’est pas dans notre intelligence. Je n’ai rien contre le principe de l’amour et ce qui découle de l’amour la charité et toutes les vertus de l’homme ce n’est pas l’amour qui est le problème chez l’homme c’est le fait qu’il ne sait pas qu’est-que c’est.
Que l’amour a été institutionnalisé et qu’elle est devenue ou qu’il est devenu le mécanisme qui engendre dans l’humanité la réciprocité mais quand est-ce qu’on parle de centricité dans les chairs ? Quand est-ce qu’on parle de centricité dans les chairs philosophiques dans les chairs de l’église, on ne parle jamais de centricité. Parce que la centricité ce n’est pas réciproque, qui oserait dans une chair parler de centricité il serait banni des temples de ceux qui semblent le savoir, il serait banni des temples de ceux qui manipulent les idées, qui deviennent pour les masses une nourriture vide de vitamine, c’est l’histoire de l’homme.
Et on lit, on lit de beaux textes on lit Jean-Jacques Rousseau on lit Victor Hugo on lit de beaux textes mais on ne comprend pas ce que l’on lit, ou on lit les initiés et on ne comprend pas ce que l’on lit, si on ne comprend pas les philosophes vous vous imaginez qu’on est loin de comprendre des initiés. La seule sauvegarde de l’homme c’est son intelligence et on ne sait même pas encore aujourd’hui ce que c’est que de l’intelligence parce que on la découvre avec le temps. On peut mesurer l’intellect on peut mesurer la performance mais on ne peut pas mesurer l’intelligence, c’est infinie l’intelligence.
Et autant l’homme aujourd’hui peut mesurer la performance et établir à quarante ans qu’il a un doctorat en médecine ou qu’il a un doctorat en psychologie, la performance qu’il mesure contient ses propres limites et il est forcé de vivre à l’intérieur de ces limites mais lorsque l’homme entre dans son intelligence il n’y a plus de limite et c’est justement ce phénomène chez l’homme qui le rend supramental, qui le détache de l’homme et le rend sur-homme qui le détache éventuellement de la matière et le fait pénétrer dans les mondes parallèles qui coupent en lui la nécessité de vivre des cordons ombilicaux de l’institutionnalisation.
L’homme ne peut pas être réciproque psychologiquement il peut être réciproque vibratoirement, un homme conscient qui rencontre un homme inconscient par vibration il sait que l’homme est inconscient et il juge par vibration son action ou sa réaction avec cet homme, c’est par l’intelligence qu’il situe son rapport avec cet homme ce n’est pas par réciprocité psychologique. Parce que l’intelligence peut dicter à l’homme conscient que l’homme inconscient a une vie démunie, des éléments essentiels pour en arriver à un équilibre psychologique suffisamment grand, stable pour qu’il puisse être considéré comme un inconscient sage.
C’est l’intelligence vibratoire qui dicte à l’homme que le meurtrier a été influencé par des forces d’autres mondes parallèles et l’homme conscient peut très bien avoir une réciprocité vibratoire devant un meurtrier et renier la réciprocité vibratoire envers des êtres qui normalement devraient bénéficier de cette réciprocité, les parents les amis l’intelligence est au-dessus de l’homme et elle dicte à l’homme son rapport avec l’homme de sorte que la réciprocité elle est vibratoire elle n’est plus psychologique.
L’intelligence active l’homme a donner, l’intelligence active l’homme à aider, l’intelligence active l’homme à renforcir ce n’est plus de la réciprocité psychologique, il ne le fait pas parce qu’il doit le faire psychologiquement pour des raisons émotives, de culpabilité, il le fait pour des raisons créatives qui font partie de son intelligence et qui sont à l’intérieur de limites imposées par l’intelligence, si l’intelligence dicte à l’homme de donner pendant vingt minutes il donne pendant vingt minutes et il se retire parce qu’il ne vit pas de réciprocité psychologique.
Mais si il vit de réciprocité psychologique son émotivité ses idées lui feront donner pendant deux heures et entre le vingt minutes et deux heures ce sera partie perdue parce qu’il se sera vidé et il aura donné outre ce que l’autre avait de besoin c’est pour ça que les hommes de par leur réciprocité psychologique, affaiblissent la volonté de leur frère et ils affaiblissent l’intelligence de leur frère et c’est pour ça que j’ai dit dernièrement dans des séminaires l’homme un jour lorsqu’il sera dans le supramental et je le dis même si je dois heurter les rochers maternels, l’homme un jour lorsqu’il sera dans le supramental comprendra que l’homme ne peut pas sur le plan matériel, donné d’amour à l’homme.
Il ne peut lui donner que de l’intelligence et de la patience et l’intelligence et la patience vécues ou expérimentées dans le rapport entre l’homme conscient et l’homme inconscient, devient pour l’homme conscient une forme d’amour parce que l’homme inconscient traduira de par ses émotions et de par son intellect, cette intelligence et cette patience en un fruit que lui appellera l’amour et il vivra de cet amour mais c’est lui qui aura constitué, qui aura fait de l’amour avec de l’énergie et non l’homme conscient qui aura créé de l’amour pour le bénéfice de l’être inconscient, c’est une sage mesure du réel.
Mais c’est une mesure qui n’est pas facile à comprendre parce que l’homme ne peut pas comprendre l’amour s’il n’est pas dans l’intelligence et il ne peut pas avoir d’intelligence s’il n’a pas de volonté, les trois principes dans l’homme sont unifiés parfaitement. Si nous disions aujourd’hui que demain les êtres de la cinquième race accuseront les êtres de la sixième d’un manque d’amour nous l’affirmons, nous l’affirmons d’une façon absolue et c’est normal ce sera normal parce que le pauvre s’attend toujours à une dispensation du riche et le pauvre ne comprend jamais les intentions du riche parce qu’il comprenait, s’il savait les intentions du riche, il serait riche et il ne souffrirait pas d’amour.
Et les êtres qui souffriront le plus d’amour ce sont ceux qui sont le plus près de nous, ce sont nos amis ce sont nos alliances fraternelles, paternelles, maternelle, nos alliances raciales. Et là, la désinstitutionnalisation de l’amour dans la conscience supramentale de l’homme de la sixième race est un des premiers pas vers le développement de l’intelligence, un des premiers pas parce que l’homme supramental doit renier ce qu’il était pour devenir ce qu’il doit devenir, il n’a pas de choix. L’enfant pour qu’il vienne au monde il faut qu’il soit divisé de sa mère.
Et là on ne réalise pas jusqu’à quel point l’amour a été institutionnalisé, le patriotisme c’est l’amour de la nation, le nationalisme c’est l’amour politique de la nation, le devoir industriel c’est l’amour psychologique de la fabrique mais ces entités ont été créés par l’homme dans son inconscience pour sa progression sociale, l’homme qui vit d’une autre intelligence, l’homme qui vit de l’intelligence qui ne lui appartient pas que voulez-vous qu’il foutre de l’amour patriotique ou nationaliste ou industriel. Lui, individuellement en tant qu’individu que voulez-vous qu’il fasse de cet amour ? Rien, parce qu’il n’en a plus de besoin.
Et ce n’est pas parce que l’amour, l’homme n’a plus l’amour patriotique ou l’amour nationaliste ou l’amour industriel ou de son industrie qu’il ne peut pas être canadien ou québécois ou travailler dans une firme ! Tout se passe dans sa tête mais c’est l’intelligence qui doit dicter à l’homme son rapport avec la société et non la société qui doit dicter à Rome, à l’homme, son rapport avec elle. Autrement dit l’homme supramental qui se désinstitutionnalise doit vivre la grande solitude et il la vivra, il la vivra. Parce que les lois de l’esprit supérieur dans l’homme sont les lois de la lumière.
Et la lumière peut se présenter dans le ténèbre mais le ténèbre doit se reculer devant elle mais elle n’est jamais éteinte par lui, alors l’homme qui est supramental, l’homme qui est dans cette lumière, dans cette intelligence, peut très bien vivre dans le ténèbre de l’institutionnalisation sans être éteint par elle. Mais nos impulsions originales, nos impulsions premières, lorsque nous découvrons quelque chose qui est réel, ont toujours tendance à créer en nous une réaction spirituelle et quand je dis une réaction spirituelle je dis une réaction psychologique qui convient ou qui ne convient pas à la forme institutionnalisée.
Parce que qu’est-ce que c’est dans le fond de la spiritualité, qu’est-ce que c’est dans le fond de la spiritualité, ce n’est pas une philosophie, de la spiritualité c’est un sentiment d’insécurité et le sentiment d’insécurité qui dénote le spirituel provient justement du fait que l’homme a été institutionnalisé parce que si l’homme n’avait pas été institutionnalisé il n’aurait pas eu besoin de la forme spirituelle, n’aurait pas vécu l’appauvrissement de son intelligence et de sa volonté et aujourd’hui au lieu de vivre dans trois mondes, le matériel, le spirituel et la pensée pure, il ne vivrait que dans la pensée pure et le matériel.
Mais s’en fût trop pour lui, ça en aurait été trop pour lui de passer du matériel à la pensée pure parce qu’il avait encore de l’émotion contrôlée, dictée par ses pensées autrement dit par les formes et lorsqu’il tend, lorsqu’il va vers le supramental, lorsqu’il sort de la programmation de la forme effectivement il sent un remue-ménage en lui qui est le vidangeage de son émotion spirituelle et l’affermissement encore imparfaitement compris entre la conscience ou l’intelligence pure et le matériel. Et il n’est pas habitué à ceci, il n’est pas habitué à cette vie nouvelle, il n’est pas habitué à se promener confortablement dans une Chevrolet.
Parce que son sentiment spirituel préférerait, pour le bénéfice de la programmation spirituelle, qu’il dû se promener sur une bicyclette CCM, bande de crisse de cave[5]. Et tous les hommes sont caves parce que tous les hommes ne sont pas dans leur intelligence.
L’homme ne peut pas vivre des jugements portés par le tribunal social sur la convention des formes, l’homme doit vivre de son intelligence pure et simple, simple mais ça prend beaucoup de force intérieure c’est à dire que ça prend beaucoup de remue-ménage[6] pour libérer dans l’homme les forces intérieure, pour le libérer de ses émotions et de ses pensées qui diminuent ses forces intérieures parce que ses émotions et ses pensées sont le matériel qui l’institutionnalise.
Regardez dans le domaine de la psychologie le fameux concept du subconscient, on a institutionnalisé il y a quelques années le subconscient lorsque l’homme ne comprend pas quelque chose il crée un symbole et il y croit, il institutionnalise le symbole et imaginez-vous que lorsque ce symbole a été institutionnalisé qu’il a passé par les étapes naturelles de l’évolution philosophique, qu’il a été accepté par les grands maîtres de la pensée et qu’il a été installé confortablement dans les départements universitaires et qu’un jour un type arrive avec un problème on lui répond : Ha tu es malade dans le subconscient.
Autrement dit, the something wrong in your attic[7]. Ton subconscient ! Et pour éprouver sa teneur philosophique ou pour donner à sa santé psychologique le serment dont elle a besoin pour réaliser la probabilité de cette idiotie, on lui dit : Regarde tu rêves à un serpent alors tu as des problèmes sexuelles, tu couches avec la femme d’un autre tu as des tendances un peu nerveuses sans dire perverses. Et le pauvre type qui n’a pas d’intelligence, qui ne peut vivre que de l’intelligence qu’est-ce que c’est le mot, institutionnalisée, est obligé de se soumettre à une autre intelligence institutionnalisée mais très bien éduquée.
Mais imaginez-vous que le même psychologue qui réalise que le subconscient ça n’existe pas, qui le comprend dans son intelligence et qui ose dire à un autre psychologue que le subconscient ça n’existe pas, on le met au rencart, il doit commencer déjà à combattre, il doit commencer à être accusé de vouloir former une autre école ainsi de suite.
Mais si on avait dit à l’homme : Écoute bonhomme tu penses que tu penses puis je te le dis que c’est pas toi qui penses puis quand tu réaliseras que c’est pas toi qui pense, tu pourras éventuellement communiquer avec des niveaux ou des mondes d’intelligence universelle qui t’expliqueront comment tu fonctionnes. Et à ce moment-là tu comprendras que lorsque tu rêves aux serpents ce n’est pas à la sexualité que ça fait référence mais à la nécessité d’avoir une plus grande intelligence de toi-même.
On a été écœurament perverti par l’institutionnalisé, par l’institutionnalisation des formes c’est pour ça que aujourd’hui, maintenant que l’intelligence commence à frotter ses coudes avec l’éducation, l’éducation commence à s’inquiéter de sa pauvreté parce que l’éducation ne peut pas prêcher à l’intelligence elle ne peut pas dicter à l’intelligence. Et lorsqu’elle entre en conflit avec l’intelligence ce n’est pas l’intelligence qui disparaît c’est l’éducation.
Lorsque je dis que tous les mots, tous les mots qui sont dans l’esprit de l’homme sont une perversion de son intelligence je dis beaucoup de choses, je dis tout. Mais avec le temps, au fur et à mesure que l’homme sort de l’institutionnalisation il s’aperçoit effectivement qu’il y a en lui de l’intelligence et que cette intelligence est réelle que cette intelligence est inéluctable, qu’elle n’est pas transformable qu’elle devient de plus en plus précise et qu’elle devient éventuellement son seul recours, son seul support parce que c’est elle qui éclaire sa vie sur le plan matériel et sur le plan interne.
Si je parle de l’institutionnalisation de l’homme c’est bien dans le but, d’empêcher l’homme de renier l’importance de cette institutionnalisation mais de l’aider à voir le rapport précis qu’il doit avoir avec elle, lui étant libre dans son esprit et confortable dans la forme, je n’ai rien contre la forme tout est forme, les formes existent sur tous les plans de tous les mondes mais lorsque nous connaissons la loi de la forme nous sommes libres de ses pièges, l’oiseau qui vient, qui voltige vers un miroir qui ne connaît pas l’illusion de la forme va se fracasser contre son image mais l’homme lui se regarde dedans avec plaisir.
La même forme mais l’intelligence différente et il en est de même pour l’homme de la cinquième race versus l’homme de la sixième toujours la même forme la même automobile la même nourriture le même vêtement la même table la même maison le même paysage mais l’intelligence différente de la forme. Et c’est ceci que j’appelle l’application de l’intelligence de la vie dans la vie de la forme pour le bénéfice de l’homme tant qu’il est sur le plan matériel et que les conditions de son existence n’ont pas changées.
Et lorsque les conditions de son existence changeront lorsque l’homme entrera à cause du changement vibratoire de ses corps dans un plan parallèle il y aura d’autres formes mais il en sera libre parce que la forme est aussi éternelle que le temps.
Aujourd’hui peut être que vous ne saisissez pas encore la puissance de votre intelligence et quand je dis la puissance de votre intelligence je dis la puissance de la vibration mais demain elle vous percera les côtes, demain elle pétrira tout votre matériel humain, mental, émotif, vital et physique et lorsqu’elle pétrira ce matériel pour vous amener à la mutation vous verrez que effectivement la programmation sociale sera très loin de votre esprit.
Mais vous verrez aussi que vous aurez une plus grande facilité de vous servir de cette forme ou de ces formes pour votre bénéfice personnel-le, votre bénéfice existentiel-le sans passer par toutes les démarches rétroactives de la culpabilité et de l’insécurité psychologique et de l’insécurité spirituelle qui affaiblissent votre volonté et diminue votre intelligence et vous empêche d’être vous-même.
Mais les choses de l’intelligence des choses de l’esprit ne se font pas dans l’instantané, elles se font avec le temps et c’est avec le temps que vous comprendrez ce que je vous dis et quand je dis que vous comprendrez ce que je vous dis ce n’est pas que vous comprendrez ce que vous comprenez aujourd’hui parce que ce que vous comprenez aujourd’hui sera défait demain lorsque vous me dites : je comprends, je sais que vous ne comprenez pas, ce que vous comprenez c’est l’aspect transitoire de ce que vous comprendrez demain, parce que l’intelligence ça se perfectionne, l’intelligence ce n’est jamais stable c’est toujours dynamique et ce que vous comprenez aujourd’hui demain sera révolu.
Parce que demain le linge de l’intelligence qui nettoie la surface de votre métal pourra enlever d’autres souillures dans votre entendement d’aujourd’hui que vous ne percevez même pas, c’est pour ça que je vous parle toujours de demain et c’est pour ça que je dis que plus on avance dans le supramental plus on s’éloigne de l’ancien soi-même pour découvrir un autre soi-même et ce soi-même est infini, éternel et immortel. Alors si vous pensez aujourd’hui que vous comprenez, mettez-vous le chapeau sur les yeux parce que vous comprendrez demain qu’aujourd’hui vous ne compreniez, compreniez qu’un peu.
Et que ce que vous compreniez aujourd’hui n’était qu’une étape pour vous permettre de prendre votre souffle. L’être se ravise et se ravise et se ravise et se ré-avise constamment dans l’intelligence, constamment et lorsqu’il croit comprendre c’est l’aspect infortuné mais naturel de l’orgueil dans ses pensées qui lui donne l’impression de comprendre parce qu’un homme qui comprend n’est même pas conscient qu’il comprend, parce que il n’y a rien dans son esprit qui bouge, rien qui bouge dans son esprit et s’il parle il parle ce qui est dans son esprit qui ne bouge pas.
Et ce qu’il parle devient mouvement et c’est ceci qu’on appelle la compréhension, qu’on appelle de la connaissance c’est ceci qui devient du matériel pour celui avec lequel il parle mais non pas pour lui-même parce que l’homme qui est dans la conscience supramentale n’a rien à comprendre puisque tout le travail a été fait qui devait détruire l’institutionnalisation des formes. Alors c’est dans le vide qu’il est bien et s’il doit parler ce qu’il parle devient pour l’autre de la connaissance qui aide à la compréhension, qui l’amène un jour au vide et c’est dans le vide qu’il sait mais ce n’est pas le même savoir que l’on pense acquérir lorsque on va vers la compréhension de soi-même.
Alors ne me dites pas que vous comprenez même si je sais que lorsque vous me dites que vous comprenez vous comprenez un peu, parce que je sais que demain vous comprendrez plus et ce que vous comprendrez demain sera effacé parce que vous avez compris hier c’est une loi de l’intelligence. L’intelligence ne peut jamais dicter dans un temps quelconque la nature de la sagesse parce que l’intelligence est en dehors de la sagesse.
L’intelligence ne peut jamais se qualifier devant elle-même parce qu’elle n’a pas de miroir l’intelligence ne peut jamais se mesurer parce que elle ne sait pas d’où elle vient et d’où elle prend son origine et où elle va.
C’est pour ça que l’homme est un point en évolution entre l’origine de tout et la fin de tout et l’origine de tout et la fin de tout c’est l’intelligence, l’homme n’est que ce facteur, cette unité biologique intelligente structurée pour recevoir cette vibration et permettre que cette origine et que cette fin passe en lui et explose en lui dans son passage, ce qui crée ce qu’on appelle la civilisation de l’homme, l’homme ne peut pas se permettre de se prendre au sérieux.


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