Bernard de Montréal met en évidence que la mémoire constitue le lien fondamental entre l’ego et la personnalité, et que tant que ce lien demeure actif, l’homme subit sa conscience au lieu de la diriger à partir de l’intelligence.
Il est expliqué que la mémoire n’est pas un simple réservoir d’expériences passées, mais un mécanisme actif qui maintient l’ego attaché à la personnalité. Cette dernière se compose d’habitudes, de réflexes, de pensées conditionnées et d’attitudes acquises au fil du temps. Lorsque l’ego s’y identifie, il perd sa liberté et fonctionne en mode répétitif, réagissant plutôt qu’agissant.
La personnalité est décrite comme une structure de survie, non comme une réalité consciente. Elle impose ses automatismes et donne l’illusion d’une continuité intérieure, alors qu’elle ne fait que recycler le passé. Se laisser guider par la personnalité revient à accepter d’être gouverné par la mémoire, donc par ce qui n’est plus vivant.
Il est insisté sur le fait que la pensée elle-même constitue une erreur fondamentale lorsqu’elle est issue de la mémoire. La pensée répétitive empêche l’homme de réaliser sa perfection, car elle le maintient dans le connu, dans la comparaison et dans la réaction. Tant que la pensée domine, l’homme demeure prisonnier du karma, car il reproduit sans cesse les mêmes structures intérieures.
Casser le lien entre l’ego et la personnalité implique de rompre avec la domination de la mémoire. Cette rupture ne se fait ni par l’analyse ni par le contrôle mental, mais par l’établissement de l’intelligence et de la volonté comme forces centrales. L’intelligence voit la mémoire pour ce qu’elle est et cesse de lui obéir. La volonté soutient cette rupture en maintenant la direction malgré le vide qui s’installe.
La sécurité mentale apparaît comme une conséquence directe de cette coupure. Lorsque l’ego n’est plus alimenté par la mémoire, il n’a plus besoin de la personnalité pour se définir ou se rassurer. Il peut alors se tenir dans une conscience nue, sans appui psychologique, ouverte à une intelligence supérieure.
Il est affirmé que dépasser la pensée et la personnalité ne signifie pas devenir passif ou inconscient, mais accéder à un autre mode de fonctionnement. Dans cet état, l’homme ne pense plus pour être, il sait. Ce savoir n’est pas accumulé : il est instantané, précis et libéré de toute référence au passé.
L’évolution réelle exige donc de casser ce lien entre la mémoire, l’ego et la personnalité. Tant qu’il subsiste, l’homme subit sa conscience. Lorsqu’il est rompu, l’homme cesse de répéter, sort du karma et entre dans une intelligence vivante qui ne dépend plus de ce qu’il a été, mais de ce qu’il est dans l’instant.




























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