Cette synthèse distingue clairement le fait de parler des mots et celui de créer des mots, en montrant qu’il s’agit de deux registres de conscience fondamentalement différents.
Il est exposé que parler des mots relève principalement de la mémoire et de l’émotion, servant souvent à se sécuriser, à se justifier ou à maintenir un lien affectif avec autrui. Dans ce cadre, la parole devient un prolongement de l’ego et participe à la répétition des structures psychologiques existantes.
À l’inverse, créer des mots est présenté comme un acte issu de l’intelligence pure, dénué d’émotion et de préconception, orienté non vers la satisfaction personnelle, mais vers l’autre ego dans une fonction d’ajustement et de clarté.
BDM montre que cette création verbale permet de fonctionner sur un plan qui dépasse le matériel et la dépendance aux relations humaines conventionnelles, libérant l’individu du besoin d’approbation ou d’attachement social. Il est souligné que l’accès à cette capacité exige d’avoir d’abord traversé et reconnu la charge émotive contenue dans les mots parlés, afin de la transcender.
La synthèse critique également les structures civilisationnelles et juridiques fondées sur la parole mémorielle, qui perpétuent les erreurs, les interprétations et les limitations héritées du passé.
Il est enfin mis en évidence que la transition des mots parlés vers les mots créés marque un déplacement majeur de la conscience, ouvrant à une communication fondée sur l’intelligence plutôt que sur la mémoire collective.


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