La désastralisation : sortir de la mémoire pour accéder à l’intelligence réelle

23 Mar 2026 | Actualités, Livrets thématiques

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Exclusivement traduit de l’œuvre intégrale de  Bernard de Montréal.

Ces livrets visent à fixer l’instruction dans la matière comme mémoire opérative vivante, afin d’en préserver l’intégrité et d’en soutenir la transmission à ceux dont la conscience est prête à l’accueillir. Cette instruction n’est pas une doctrine, mais une science mentale universelle orientée vers la libération de l’homme et l’évolution irréversible de sa conscience.


 

La désastralisation ne consiste pas à devenir meilleur, plus conscient ou plus évolué au sens psychologique. Elle marque la fin d’un mode de fonctionnement où l’homme vit à partir de la mémoire, des émotions et de la pensée subjective. Tant que cette structure est active, l’individu demeure sous l’influence de forces qu’il ne perçoit pas, même lorsqu’il croit être libre.

L’homme, dans sa condition actuelle, est un être traversé par des impressions. Sa conscience est une condensation du phénomène astral, c’est-à-dire un assemblage de mémoire, d’images et d’émotions qui structurent sa perception de la réalité. Ce champ agit comme un filtre entre lui et l’intelligence. Il ne voit pas directement, il interprète. Il ne sait pas, il croit.

Le plan astral correspond à cette zone intermédiaire où la lumière est dégradée en formes. C’est le monde de la mémoire, du temps et de la polarité. Tout y fonctionne par opposition, par image, par rappel du passé. L’homme y est maintenu par son propre système émotionnel, qui sert de point d’ancrage à cette réalité. Ce qu’il ressent devient la preuve de ce qu’il croit, et ce qu’il croit renforce ce qu’il ressent.

La désastralisation commence lorsque ce mécanisme est vu.

Non pas compris intellectuellement, mais reconnu comme une structure active qui maintient l’homme dans une dépendance. Cette reconnaissance introduit une rupture.

Le levier principal de cette rupture est la fin de la croyance. Croire, c’est accepter une autorité extérieure, visible ou invisible. C’est fonctionner à partir d’une référence qui ne vient pas de l’intelligence directe. La croyance, même raffinée, maintient l’homme dans une relation verticale où il dépend d’une forme, d’un système, d’une idée ou d’une influence.

Mettre fin à la croyance ne signifie pas adopter une nouvelle position mentale. Cela signifie ne plus donner de valeur à ce qui n’est pas directement vu dans l’instant. L’homme cesse alors de chercher à se sécuriser à travers des réponses, des concepts ou des expériences. Il devient disponible à une intelligence qui ne passe plus par la mémoire.

Ce mouvement entraîne une déconstruction progressive des formes. Une forme est une structure mentale ou émotionnelle issue du passé. Elle sert de repère à l’ego pour se définir et se sécuriser. Tant que ces formes sont actives, l’énergie ne peut pas circuler librement. Elle est capturée, interprétée, déformée.

La désastralisation implique donc la destruction de ces formes. Non pas par effort, mais par absence d’adhésion. L’homme cesse de s’identifier à ce qu’il pense, à ce qu’il ressent, à ce qu’il a été. Il ne nourrit plus les structures qui le maintiennent dans la continuité du passé.

C’est à ce moment que la pensée est remise en question dans sa fonction. L’homme réalise qu’il ne pense pas, mais qu’il est pensé. Ce renversement est fondamental. Tant qu’il se croit à l’origine de sa pensée, il ne peut pas sortir de l’astral. Lorsqu’il voit que la pensée lui est soufflée, il peut cesser d’y adhérer.

La réflexion devient alors inutile. Elle n’est qu’un mouvement circulaire où l’ego se renvoie à lui-même des contenus issus de la mémoire. Elle donne l’illusion de comprendre, mais elle empêche l’accès à une intelligence directe. L’arrêt de la réflexion ne produit pas un vide, mais ouvre un espace où autre chose peut apparaître.

Cette transition ne se fait pas sans friction. L’entrée dans la désastralisation est souvent marquée par des chocs. Ces chocs ne sont pas des événements à éviter, mais des mécanismes qui brisent les structures internes. Ils déstabilisent l’ego, non pour le détruire, mais pour le désengager de ses attachements.

Suit une phase de confusion. L’ancien mode de fonctionnement ne répond plus, et le nouveau n’est pas encore stabilisé. L’homme peut se sentir perdu, sans repères. Cette confusion est nécessaire. Elle empêche le retour vers les anciennes structures.

L’isolement apparaît également. Non pas comme un retrait physique, mais comme une séparation psychologique. L’individu ne peut plus se reconnaître dans les fonctionnements collectifs basés sur la mémoire et l’émotion. Il devient étranger à ce qui lui semblait normal.

Peu à peu, un ajustement s’opère. L’homme apprend à ne plus intervenir. Il cesse de vouloir comprendre, contrôler, interpréter. Il laisse l’énergie faire son travail. Cette phase demande une grande neutralité, car toute réaction émotionnelle ralentit le processus.

Le rapport à l’émotion est central dans cette transformation. L’émotion est le lien direct entre l’homme et l’astral. Là où il y a émotion, il y a mémoire. Là où il y a mémoire, il y a dépendance. Même les émotions dites positives maintiennent l’individu dans une forme de polarité.

La neutralisation émotionnelle ne consiste pas à devenir insensible. Elle consiste à ne plus être affecté. L’homme peut percevoir, mais il n’est plus traversé. Il n’est plus utilisé par ce qu’il ressent. Cette neutralité permet à l’énergie de circuler sans être déformée.

Plusieurs pièges maintiennent l’homme dans l’astral même lorsqu’il cherche à en sortir.

La spiritualité en est un. Elle propose des formes élevées, mais reste basée sur la mémoire et l’émotion. Elle entretient une relation de dépendance avec l’invisible.

La croyance en est un autre, plus fondamental. Elle empêche l’individu de voir par lui-même. Elle remplace l’intelligence par une structure rassurante.

L’intuition, la médiumnité, le channeling sont également des formes de relation avec l’astral. Elles donnent l’impression d’un accès direct, mais passent encore par des filtres. Elles maintiennent l’homme dans une position de réception, non d’autorité.

La désastralisation met fin à ces mécanismes. L’homme ne reçoit plus, il devient capable de voir. Il ne dépend plus d’une information extérieure, il accède à une intelligence qui se formule en lui.

Ce passage transforme profondément la pensée. Elle cesse d’être personnelle. Elle devient un vecteur. L’homme ne pense plus pour comprendre, il sait au moment où il en a besoin. La mémoire n’est plus la source, elle devient un outil.

La parole prend alors une nouvelle fonction. Elle n’est plus une expression de l’ego, mais un prolongement de l’intelligence. Elle agit, elle transforme, elle structure la réalité.

L’identité elle-même se modifie. L’homme cesse d’être une personnalité construite sur le passé. Il devient une personne, c’est-à-dire un point d’expression de l’intelligence. Il ne se définit plus par ce qu’il a été, mais par ce qui se manifeste à travers lui.

Cette transformation mène à l’autonomie réelle. L’individu n’a plus besoin de se référer à l’extérieur pour savoir. Il ne dépend plus des systèmes, des croyances, des influences visibles ou invisibles. Il devient sa propre autorité.

Cette autonomie ne repose pas sur un effort ou une volonté personnelle. Elle est la conséquence directe de la désastralisation. Lorsque la mémoire cesse de dominer, lorsque l’émotion est neutralisée, lorsque la pensée n’est plus subjective, l’homme devient libre. Libre non pas de faire ce qu’il veut, mais de ne plus être influencé.

La désastralisation ne donne rien à l’homme. Elle retire ce qui le maintenait dans l’illusion. Et c’est dans ce retrait que l’intelligence peut enfin opérer.

Synthèse EDS — Edwige
Texte original publié sur
Bernard de Montréal — Énergie du Savoir

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