D’un point de vue supramental la sexualité n’est ni un phénomène psychologique, ni un simple réflexe biologique, ni une fonction morale ou sociale. Elle est une énergie cosmique descendante, une force terminale inscrite dans l’architecture même de l’homme, dont la compréhension conditionne le passage de l’involution — soumission à l’âme et à la mémoire — à l’évolution réelle, fondée sur la maîtrise consciente par l’esprit.
Si la sexualité assume une fonction biologique évidente de procréation, sa fonction supramentale est avant tout énergétique. Elle agit comme un régulateur, un point d’équilibrage où l’énergie cosmique, après avoir traversé les différents corps de l’homme, trouve sa sortie naturelle vers l’indifférencié. L’énergie descendante ne peut demeurer indéfiniment dans les plans supérieurs : elle doit se résoudre dans la matière pour que l’organisme demeure stable. C’est en ce sens que Bernard de Montréal définit la sexualité comme la fonction terminale de l’énergie dans l’homme.
L’énergie cosmique pénètre d’abord le plan mental, se réfléchit ensuite dans le champ de l’âme, traverse le vital, puis s’inscrit dans le corps physique. La sexualité permet ce bouclage énergétique. Lorsqu’elle est vécue sans distorsion, elle stabilise le corps vital, protège la matière contre les excès vibratoires et agit comme un véritable amortisseur énergétique. Elle n’est pas une recherche de plaisir, mais une mise à la terre nécessaire au bon fonctionnement du système nerveux.
L’orgasme, tel qu’il est vécu par l’homme involutif, constitue une illusion majeure. Il représente un instant extrêmement bref où l’énergie cosmique touche directement le système nerveux, donnant à l’ego inconscient l’impression fugace d’un contact avec l’infinité. Mais parce que cette expérience est interprétée psychologiquement et non vibratoirement, elle devient un objet d’attachement, de dépendance et de répétition. L’homme confond alors le point de passage avec une finalité, et s’asservit à ce qu’il devrait simplement utiliser.
Dans la perspective évolutive, cette fonction terminale est appelée à se déplacer. Dans la sixième race-racine, la sexualité ne sera plus vécue au niveau des organes génitaux, mais transposée vers la glande thyroïde. L’énergie ne servira plus à la reproduction animale, mais à une création éthérique consciente. Ce déplacement marque la fin de la sexualité comme fonction instinctive et l’émergence d’un principe créateur directement relié à l’Esprit.
Un autre point central de l’instruction concerne le déphasage fondamental entre la sexualité liée à l’amour sentimental — propre à l’involution — et la sexualité liée à la volonté — propre à l’évolution. Durant des millénaires, la sexualité a été associée à l’amour affectif afin d’assurer la cohésion sociale et la reproduction. Cette association a enfermé l’homme dans le corps de désir, le rendant dépendant de l’acte sexuel pour se sécuriser, se valoriser ou se définir. L’amour sentimental est ainsi devenu un mécanisme de compensation, et la sexualité un support identitaire.
La sexualité évolutive n’est pas sentimentale, mais vibratoire. Elle n’est pas vécue à travers le besoin de l’âme, mais sous la gouverne de la volonté réelle. Cette volonté n’est ni répression ni froideur : elle est la capacité de l’ego conscient à ne plus être manipulé par la mémoire, les images, les formes morales ou pornographiques qui colorent artificiellement le plaisir. Déchirer la mémoire sexuelle signifie libérer l’énergie de toute récupération astrale et de toute programmation affective.
Lorsque la volonté est installée, la sexualité cesse d’être un terrain de domination, de séduction ou de compensation. Le couple n’est plus fondé sur l’attraction animale ou la dépendance affective, mais sur une stabilité énergétique consciente. Il n’y a plus de jeu de pouvoir ni de manipulation subtile : il y a un respect mutuel où la sexualité devient un acte de balancement énergétique, au service de la matière et non de l’ego.
Ainsi, l’homme ancien utilise la sexualité pour nourrir son âme et renforcer son identité psychologique. L’homme nouveau l’utilise comme une fonction terminale, au service de la stabilité de son corps et de l’intégration de l’Esprit dans la matière. La sexualité devient alors comparable à une prise de terre dans un circuit énergétique : elle ne sert pas à produire l’étincelle, mais à permettre au courant de circuler sans détruire le système. L’homme involutif est fasciné par l’éclair. L’homme conscient utilise simplement la mise à la terre pour que le moteur de l’Esprit fonctionne à pleine puissance.
Approfondir :
- La sexualité – énergie cosmique et transmutation
- Trilogie – Volet 3 : Sexualité et volonté : la maîtrise de l’énergie
- Trilogie – Volet 1 : La sexualité est totalement occulte chez l’homme
- Sexualité, désordres et transmutation
Synthèse EDS — Edwige
Texte original publié sur
Bernard de Montréal — Énergie du Savoir


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